Service public en berne : inertie ou complicité du ministère de la Culture ?

Antoine Oury - 31.01.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - BnF - grève - conseil scientifique


En cette journée de mobilisation nationale pour la fonction publique, les salariés de la BnF se sont retrouvés pour battre le pavé de la capitale, dès 14 heures. Car, outre les sinistres histoires de commercialisation du domaine public, la gestion du « Paquebot » est loin de faire l'unanimité, que l'on regarde du côté des délégués syndicaux ou vers le conseil scientifique de l'établissement phare de la politique culturelle.

 

 

 
 
Rassemblés sous la bannière verte qu'il faut tenir contre le vent, la cinquantaine d'employés et de représentants de la Bibliothèque nationale de France, venus à l'appel de l'intersyndicale (Sud, CGT, FSU) protestent contre la gestion de l'établissement, jugée catastrophique, pour ne pas écrire pire. Jean-François Besançon, délégué du personnel FSU, évoque en vrac « un abaissement général des services publics, la privatisation du domaine public, et l'inertie du ministère de la Culture, pour ne pas dire sa complicité ».
 
 
Et de s'interroger également sur les 25 pistes d'optimisation proposées par la direction du « Paquebot » (voir document en fin d'article). Il est vrai que les éléments de langage du documents pourraient renfermer toutes sortes de mesures, et pas forcément des plus amicales... Parmi ces dernières, Georges Gottlieb, membre du conseil scientifique de la Bibliothèque nationale de France, s'inquiète plus particulièrement des concentrations entre les services.
 
Paquebot-de-chagrin
 

Ainsi, le département des langues orientales sera désormais rattaché à celui des langues étrangères, afin de réduire un peu plus les coûts de fonctionnement de l'établissement public. Des modifications qui sont pratiquement effectives alors même que le conseil scientifique, dont c'est pourtant le rôle, ne sera consulté qu'au mois de mars.

 

« La gestion fait fi des stades représentatifs, des délégués syndicaux, et Bruno Racine joue la carte de la loyauté pour que ce qu'il décide soit irréversible » explique George Gottlieb. Le plus dommageable restant que chaque décision prise en interne, aussi minime puisse-t-elle paraître, a des conséquences considérables sur la recherche ou la conservation du patrimoine, à l'échelle d'une institution comme la BnF.

 

Ainsi : « Avec ce rattachement, on en profite pour ne pas remplacer des postes de départs en retraite. Pour le coréen, pour le perse, il n'y a plus personne. Et l'argument majeur, qui veut que la BULAC ait ce type de documents, ne tient pas : la Bibliothèque nationale de France couvre tous les domaines, elle est faite pour tous. » Faisant le parallèle avec la British Library, Georges Gottlieb regrette ce qui s'apparente pour lui à un « repli sur son petit carré national ».

 

Qui est également de mise lorsqu'il s'agit de gestion du domaine public...