Shakespeare confondu par un logiciel de plagiat : être ou ne pas être inspiré

Laure Besnier - 09.02.2018

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La vie de William Shakespeare est bien mystérieuse – a-t-il même réellement existé ? –, et ce qui l'a inspiré pour l'écriture de ses pièces aussi. Deux auteurs ont décidé d'enquêter grâce à un logiciel de plagiat habituellement utilisé par les professeurs d'université. Selon eux, un manuscrit jamais publié aurait inspiré pas moins de onze pièces du Barde de Stratford.

 


 


Pour le Roi Lear, Macbeth, Richard III, Henry V et sept autres pièces, Shakespeare se serait inspiré d'un manuscrit, A Brief Discourse of Rebellion and Rebels, écrit à la fin des années 1500 par George North, ambassadeur de Suède à la cour de la Reine Élisabeth. 
 

Le manuscrit est une diatribe contre les rebelles, selon laquelle toutes les rébellions contre un monarque sont injustes et vouées à l'échec. Alors que Shakespeare avait une position plus ambiguë à ce propos. 

 

Pour cette découverte, les auteurs Dennis McCarthy et June Schlueter se sont appuyés sur un logiciel de plagiat, utilisé par les professeurs pour vérifier que leurs étudiants ne trichent pas. Ils expliquent leur trouvaille dans un livre qui sera publié la semaine prochaine. 

 

Il reste que Shakespeare n'a pas fait de plagiat. « C'est une source à laquelle il ne cesse de revenir », explique Dennis McCarthy, « Cela affecte la langue, façonne les scènes et, dans une certaine mesure, influence même réellement la philosophie des pièces. »

 

Pour de nombreux chercheurs, c'est une révélation. Les deux écrivains ont utilisé un logiciel appelé WCopyfind, qui a trouvé des similitudes entre des mots et des phrases de manuscrit et des pièces.

 

Par exemple, dans la dédicace du manuscrit, North exhorte ceux qui pourraient se considérer comme laids à essayer d'être intérieurement beaux, pour défier la nature. Il utilise une succession de mots pour argumenter comme proportion, verre, trait, juste, déformé, monde, ombre et nature. 
 

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Dans le soliloque d'ouverture de Richard III, le tyran bossu utilise les mêmes mots dans le même ordre pour arriver à la conclusion inverse : comme il est extérieurement laid, il agira comme le méchant qu'il semble être.

 

« Les gens ne réalisent pas à quel point ces mots sont rares », insiste Dennis McCarthy. « Et il continue à écrire, mot après mot. C'est comme un billet de loterie. Il est facile d'obtenir un numéro sur six, mais pas tous les numéros. »

 

Dennis McCarthy s'est inspiré du travail de Sir Brian Vickers, qui avait utilisé des techniques similaires en 2009 pour identifier Shakespeare comme un coauteur de la pièce Edward III. Cependant, les techniques statistiques utilisées n'ont pas encore fait l'objet d'un examen par d'autres chercheurs dans le domaine des humanités numériques.

 

« À la base, cela reste un argument littéraire, pas statistique » nuance Michael Witmore, directeur de la Folger Shakespeare Library à Washington. Les auteurs affirment que Shakespeare utilise non seulement les mêmes mots que North, mais aussi des scènes de thèmes similaires, ou encore les mêmes personnages historiques.

 

Pour s'assurer que North et Shakespeare n'utilisaient pas de sources communes, Dennis McCarthy a parcouru la base de données Early English Books Online, qui contient 17 millions de pages de presque tous les ouvrages publiés en anglais entre 1473 et 1700. Il a constaté que presque aucun autre texte ne contenait les mêmes mots dans des passages de la même longueur. 

via The NY Times




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