Sorcellerie, meurtres, vol de fromages : 200 ans de criminalité de 1557 à 1775

Heulard Mégane - 13.06.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Université de Cambridge - diocèse d’Ely - documents judiciaires


Les archivistes de l’Université de Cambridge cataloguent pour la première fois les documents de la cour d’assises de l’île d’Ely. Datant de 1557 à 1775, la collection compte près de 270 dossiers et rouleaux, relatant 200 ans de crimes. Les cas vont de la sorcellerie, au meurtre en passant par des affaires moins « sérieuses » comme celle de William Sturns, accusé d’avoir volé trois fromages. 

Photographie : Cambridge University Library


Ces archives conservées jusque là sont particulièrement riches. Et nous sont parvenues en partie grâce aux privilèges fiscaux et judiciaires qu’avait obtenus le diocèse d’Ely sur une grande partie du Cambridgeshire jusqu’en 1836. 

Les dossiers couvrent des procédures judiciaires, dépositions, peines de prison, listes de jurés, ou encore des enquêtes et examens. On peut notamment découvrir le cas de Cecilia Samuel, reconnue coupable d’avoir noyé son nouveau-né dans un fossé à Wisbech, et qui fut pendue pour ce meurtre.

Ou bien l’histoire Margaret Cotte accusée d’avoir causé la mort de Martha Johnson par sorcellerie : « Séduite par une instigation diabolique par malice préméditée, elle a fait certaines méchancetés et a pratiqué les arts magiques diaboliques », peut-on lire. Margaret fut toutefois déclarée non coupable en 1577.
 

Les cold cases du XVIe siècle


L’archiviste Sian Collins déclare : « Ce projet nous permet d’entendre les voix de gens de tous horizons dont les noms sortent des documents. Beaucoup de ces gens, morts depuis longtemps et oubliés, et pour qui, il n’y a pas d’autre témoignage, se verront maintenant raconter une petite partie de leur histoire. »
 

Dans un autre cas, en 1642, Joanne Tylney de Newton a tranché la gorge de son bébé de 18 semaines parce qu’il n’arrêtait pas de pleurer. Elle a été trouvée par des voisins assise près du corps et du couteau qu’elle avait utilisé.

Collins précise sur l’histoire de Joanne Tyler : « Tout ce qu’elle a dit lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle avait tué l’enfant, c’est que maintenant tout serait calme — bien qu’elle se soit rétractée par la suite. De tels documents peuvent être difficiles et bouleversants, mais leur valeur pour nous aider à comprendre cette période de la vie quotidienne est incalculable. »

Toutes les affaires enregistrées ne sont pas aussi macabres, à l’image de celle du géomètre John Webbe. Le 20 novembre 1580, il dut répondre à un procès pour diffamation sur William Tyler. La femme de ce dernier, Joan Tyler, avait entendu Webbe dire : « Tyler, ton mari est une fripouille, un vaurien et un voleur, car il m’a volé mes biens, la nuit. »

Un catalogue complet, réalisé en partenariat entre la Cambridge University Library et la Cambridgeshire Family History Society, sera terminé d’ici septembre 2020. Grâce au don de 40.000 £ de cette dernière, ils espèrent par la suite rendre les informations disponibles en ligne.
 
Photographie : Cambridge University Library


Via The Guardian


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