Sous terre, la chambre forte d'une banque abrite des trésors culturels

Victor De Sepausy - 11.09.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Chambre coffre fort - héritage littéraire - madrid


La capsule temporelle contient des témoignages d’une vie, d’une époque, enfouie quelque part en attendant l’avenir. Quand les générations suivantes l’exhumeront, elle apportera un regard nouveau sur le passé, ou au moins quelques renseignements. À Madrid, en guise de capsule, c’est une chambre forte qui fut réquisitionnée en 2007, pour servir de gardien à la culture hispanophone.


 

L’Institut Cervantes, en charge de la promotion de l’espagnol à travers le monde, l'avait trouvée dans les anciens bâtiments de la Banco Río de la Plata, au cœur de Madrid. L’architecte Antonio Palacios l’avait imaginée, et le lieu fut inauguré en 1918. 

En qualité de banque, sa première mission impliquait de préserver dans ses murs, et plus spécifiquement en sous-sol, les lingots déposés par les clients. Une porte de 7 tonnes garde d’ailleurs, toujours, l’entrée de cette chambre forte où de nombreux coffres étaient à disposition. 

En 2003, le gouvernement espagnol racheta l’édifice, et amorça alors sa reconversion en temple de la culture, pour abriter l’Institut Cervantes. Toutefois, les coffres-forts du sous-sol ont laissé songeurs : qu’en faire ? Simple : les utiliser comme capsules temporelles culturelles. 
 
Et dès lors, le pays sollicita les artistes, intellectuels et personnalités, pour que soient déposés, dans le coffre de leur choix, des vestiges de leur travail — toile, manuscrit, objets, etc. Ainsi, 40 des 1767 coffres-forts ont repris du métier, devenant les gardiens de trésors inquantifiables – avec en plus, une date d’ouverture, indiquant le moment où l’objet devra être rendu aux héritiers ou à son propriétaire.



En parcourant les lieux, le silence, plombe, certes, mais la magie opère. On sait que l’écrivain Franciso Ayala a accaparé la boîte 1000, avec une lettre et un objet personnel, dont on ignore tout. Il faudra attendre 2057 pour en découvrir le contenu. 

Il fut le premier à se lancer dans l’aventure, inaugurant la Caja de las Letras le 15 février 2007. 

D’autres ont préféré se dévoiler, comme Nicanor Parra, qui a déposé sa machine à écrire, ou la danseuse Alicia Alonso, qui a confié sa première paire de ballerines. Et même Gabriel Garcia Marquez s’y retrouve, avec de la terre de son lieu de naissance — et lui a demandé que jamais ne soit ouvert le coffre.

Baptisé la Caja de las Letras, l’endroit est fermé au public, mais il est possible de la visiter sous certaines conditions ou à certaines périodes. Par exemple, la semaine de l’architecture de Madrid, du 30 septembre au 7 octobre, ou encore le 12 octobre, dans le cadre de la fête nationale. 





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