Suisse : les écologistes luttent pour préserver la mémoire de l'écrivain Ramuz

Clément Solym - 31.10.2016

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Écrivain et poète suisse, Charles Ferdinand Ramuz est une figure de la ville de Lausanne et un auteur romand majeur. La disparition de son appartement, rue Davel à Pully, provoque la colère des Verts vaudois, qui souhaitent « préserver ce patrimoine inestimable ». 

 

 

 

Dans cet appartement, Ramuz vécut ses 17 dernières années, et, dans le cadre d’une rénovation de l’immeuble, le domicile risque d’être grandement chamboulé. Entre 1930, il venait de fonder l’hebdomadaire Aujourd’hui, et 1947, l’écrivain occupa ce lieu, baptisé La Muette. Le groupe politique Les Verts vaudois s’étrangle alors de ce qui pourrait advenir : 

 

Suite à la sollicitation de ses héritiers, une commission réunissant des représentants des autorités cantonales et communales (Service cantonal des affaires culturelles, Municipalité de Pully, Service des monuments et sites du canton de Vaud et Musée de Pully) a pris l’option de ne conserver que le bureau de l’écrivain, situé au rez-de-chaussée, et d’aménager le tout en espace muséal, sur une surface de 100 m2. Le reste du bâtiment, dont l’appartement de l’écrivain au 1er étage, sera transformé en trois espaces locatifs.

 

 

Dans un communiqué, ils indiquent qu’ils demanderont à leur dépitée, Josée Martin de solliciter le Conseil d’État, pour obtenir de plus amples informations. Si l’idée d’un musée consacré à l’œuvre de l’auteur conforte l’importance, une fois de plus, de Ramuz, ils « s’inquiètent des conséquences de la non-conservation de son appartement. Pouvoir disposer près de 70 ans après son décès du lieu dans le lequel il vécut conservé en l’état, avec ses meubles et objets personnels, est une chance inestimable, dont il semble inconcevable de se priver ».

 

Le Conseil d’État sera donc interpellé, ce 1er novembre, pour dire ce qu’il « entend faire pour préserver ce lieu chargé d’histoire, ainsi que les très nombreux objets qu’il contient ». 

 

Auprès de la RTS, le groupe politique souligne : « Il faudrait, au préalable, faire un inventaire scientifique des objets, du mobilier et des œuvres d’art qui s’y trouvent. On considère qu’on ne peut pas prendre de décisions sans être en connaissance de cause et savoir de quoi on parle. »

 

Si les murs sont classés, l’appartement disparaîtrait avec le projet en cours, déplore le Bulletin des amis de Ramuz. Ce dernier y « avait réuni des œuvres significatives de la modernité de son époque, dont des tableaux de plusieurs peintres romands (Auberjonois, Blanchet, Soutter, etc.). Cet ensemble constitue non seulement un témoignage extraordinaire pour la connaissance de la vie de l’écrivain, mais aussi une illustration d’un certain mode de vie dans le canton de Vaud au milieu du XXe siècle, illustration demeurée par miracle inaltérée et unique en son genre, à notre connaissance », expliquait-on.