Suppressions de postes dans l'éducation: les syndicats contre-attaquent

Clément Solym - 03.01.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Education nationale - SNUipp-FSU - scolarité


Le syndicat SNUipp-FSU, principal syndicat de l'école élémentaire, a annoncé lundi dans un communiqué qu'il usait de son « droit d'alarme » pour forcer les inspecteurs d'académie à négocier.

Il s'agit d'un droit dont disposent les fonctionnaires travaillant dans les maternelles et les écoles primaires, contraignant la fonction publique à discuter avant le dépôt d'un préavis de grève.

 

Le 16 décembre, le ministère de l'Education nationale avait présenté aux syndicats la répartition par académie des 5700 suppressions de postes prévues dans le primaire pour la rentrée 2012. Résultat, toutes les académies perdent des postes sauf la Guyane, où 20 postes seront créés. Maigre consolation…

 

Mais la forme avait dérangé les syndicats au moins autant que le fond. L'annonce, à quelques heures vacances scolaires, avait surpris tout le monde : « On nous avait simplement donné le matin même la répartition académique des suppressions de postes et nous n'avions pas eu de discussions approfondies et argumentées sur les leviers que le ministère souhaiterait utiliser sur la carte scolaire », rapporte Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU à l'AFP.

 

 

Les premiers fonctionnaires touchés par ces suppressions de postes devraient être les enseignants en RASED, les remplaçants, les conseillers pédagogiques ou les intervenants en langue. Ce qui inquiète le responsable syndical : « Le recours à des contractuels enseignants précaires déjà utilisé dans quelques départements pourrait être étendu. »

 

Les négociations porteront donc sur la répartition à l'intérieur même des académies, dans les départements. S'ils n'avaient pu intervenir avant la répartition par académie, les syndicats se rattrapent et forcent les inspecteurs d'académie à ouvrir des discussions sur les mesures de cette carte scolaire, la répartition à un plus petit niveau. A cette occasion les syndicats « pour­rons débattre et argu­men­ter avec le minis­tère puisque nous aurons eu cette fois-ci le docu­ment pré­pa­ra­toire ». La carte scolaire, ou répartition des effectifs dans les différents établissements, sera précisée dans le courant du mois de janvier.

 

Mais le problème global reste le même. Des milliers de postes seront supprimés alors que dans le même temps, le nombre d'élèves dans les écoles primaires augmente, 2500 élèves de plus que l'année dernière sont attendus pour la rentrée 2012. Selon le communiqué, la réunion de mercredi prochain sera l'occasion pour le syndicat de demander « à nouveau la suspension des suppressions des postes ».

 

Et oui… Parce que la source du conflit est là. Aux 5.700 suppressions de postes de l'élémentaire s'ajoutent les 6.500 du secondaire. Pour un total de 14.000 suppressions pour le ministère dans son ensemble.

 

Depuis 2007, ce sont 66.000 postes dans l'Education nationale qui ont disparu.