Suppressions de postes : la qualité de Chatel, contre la purge de Lang

Clément Solym - 08.09.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Chatel - education - lang


Alors que le PS vient de qualifier la rentrée scolaire 2011 de « piteuse », principalement à cause des suppressions de postes dans l’Education, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a défendu ces départs en arguant que la qualité valait mieux que la quantité, dans un entretien accordé à Paris Match à paraître aujourd’hui, informe l'AFP.

 
Dans le secondaire, une hausse des effectifs inquiète (de 40.000 selon le ministère et du double selon le Snes) alors que 4.800 postes d’enseignants sont supprimés. C’est sûr, les classes seront au comble cette année. Pour justifier cette réalité, Luc Chatel a estimé que « le problème, ce ne sont pas les moyens mais leur affectation. C'est la qualité plutôt que la quantité », rapporte l’AFP.

Toujours dans un entretien à Paris Match, l’ex-ministre de l’Education nationale Jack Lang a été invité à répondre à Luc Chatel. Il a donné raison au Snes sur les chiffres donnés, tout en ironisant : « Je décerne à Luc Chatel l'oscar du ministre prestidigitateur tellement ses chiffres sont mensongers ».

Au total, 80.000 postes ont été supprimés sur tout le quinquennat. Ce à quoi Jack Lang a ajouté : « La vérité est que les 16.000 (postes) supprimés (au total) cette année s'ajoutent aux 63.000 détruits depuis cinq ans. Le gouvernement a lancé une machine à détruire les postes. C'est une purge, une hécatombe jamais vue sous la Ve République. »

Si la qualité prime sur la quantité pour le ministre, la question de la nouvelle formation des professeurs est bien évidemment revenue sur le tapis, alors que les professeurs stagiaires seraient globalement insatisfaits de leur nouvelle formation, inaugurée pendant l’année 2010-2011 selon un sondage Ipso publié fin août.

Pour la rentrée 2011, Luc Chatel a précisé que cinq jours de formation ont été ajoutés à plusieurs heures d’observation et de pratique sur les deux heures de master. « L'année dernière était une année de transition, et nous avons essuyé les plâtres. Cette année, la formation marche bien et chaque enseignant stagiaire aura un tuteur », a-t-il assuré selon l’AFP.

Jack Lang a réagit en soulignant que la suppression de l’année de formation pratique des maître en IUFM est une erreur : « Ces jours-ci, des milliers (d'enseignants) vont être placés dans des classes sans jamais avoir appris à faire face aux insultes, voire à la vio­lence ».


Quant aux missions des enseignants du secondaire (soit leurs obligations de service définies dans un décret de 1950 : 15 heures de cours hebdomadaires pour les agrégés, 18 heures pour les autres), Luc Chatel affirme qu’il n’a pas prévu de modifier le décret « avant la fin de la législature mais ce sera en débat pendant la campagne présidentielle », alors que la droite souhaite que ces obligations soient revues à la hausse à la hausse pour une présence accrue des professeurs dans leurs établissements, au-delà des heures de classe.

Les syndicats font barrage et Jack Lang a affirmé ne pas être favorable à une remise en cause du décret. « C'est un sujet explosif » qui ne se « règle pas entre deux portes et à la va-vite », a-t-il souligné.