Survivant du Vésuve, un papyrus de 2000 ans dévoilera ses secrets

Victor De Sepausy - 04.10.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - papyrus rouleau Vesuve - éruption parchemin - patrimoine découverte technologie


En 79, quand le Vésuve fit son ronchon, les villes de Pompéi et d’Herculanum subirent ses foudres — option coulées de lave et cendres brûlantes. Les biens des habitants furent alors détruits — avec un nombre de manuscrits impressionnants. Mais les scientifiques ont bon espoir de pouvoir cumuler rayons X et intelligence artificielle pour ressusciter les documents.

© Diamond Light Source 


L’institut de France, à Paris, dispose de quelques rouleaux découverts lors de fouilles en 1752, réalisées à Herculanum. Les 1800 qui furent alors mis à jour sont stockés dans la Biblioteca Nazionale de Naples — mais la Bodleian, la British Library ou encore l’IF en ont reçu en cadeau. Or, deux d’entre eux seront prochainement sondés, après que des experts ont tenté, en vain, de les dérouler en suivant de multiples méthodes. Sauf que toutes auraient pour conséquence d’en effacer l’encre, d’une part à cause de cette ouverture, de l’autre, par le contact à l’air. 

Pour Brent Seales, directeur informatique de l’université du Kentucky associé au programme de recherche, indique que son équipe a déjà planché sur de pareils cas. Un ancien parchemin hébreu, daté de 300 apr. J.-C. avait dévoilé un texte du Levitique. Pour y accéder, l’équipe avait utilisé des rayons X à haute énergie pour dérouler virtuellement le document. 
 

Une épopée à travers le temps


Or, dans le cas des rouleaux d’Herculanum, les encres employées ne sont pas à base de métal, mais de carbone — charbon ou suie. Ce qui ne permet pas d’afficher le contraste nécessaire pour structurer les couches du rouleau, et distinguer l’écrit du support, par les rayons X.

D’ailleurs, même si quelques fragments d’Herculanum contiennent du plomb dans l’encre, il faut passer par d’autres techniques. Et pourquoi pas une méthode de radiographie légèrement différente ? L’équipe a donc planché sur un cumul tout à la fois de rayons X et d’intelligence artificielle — le machine learning. 

Confié à Diamond Light Source, des scans du rouleau ancien, de près de 2000 ans donc, seront donc associés à une IA pour les passer au crible. Le programme Digital Restoration Initiative de l’université du Kentucky supervise l’ensemble des opérations, pour mettre à jour cette inaccessible bibliothèque. 


extrait d'un parchemin

 
Avant d’accéder aux textes eux-mêmes, il se passera toutefois quelque temps : tout d'abord, l’équipe espère accéder à la structure globale des parchemins, avec la meilleure définition d’image jamais atteinte. Ensuite, il faudra parvenir à déceler par les procédés de la tomographie — cette technique d’imagerie notamment utilisée dans le monde médical — des morceaux auxquels se raccrocher. Et c’est là que la machine learning interviendra.

En effet, il va intensifier un signal — celui de l’encre — et couplera cette détection à un algorithme formé pour identifier et reconnaître les lettres. La suite sera plus artisanale : il faudra passer au crible les informations collectées avant d’espérer obtenir un texte. Le passage à nu sous une sorte de microscope géant, qui produit 10 milliard de fois plus de lumière que le soleil, devrait arriver à ses fins, sans endommager le moins du monde l’objet. 

Alors que la plupart des documents découverts autour du Vésuve font état de philosophie épicurienne, la plus en vogue à cette époque, il se pourrait que l’on aboutisse à un texte latin. Un peu à la manière de cette œuvre de Sénèque l’Ancien que l’on croyait perdue, et qui a été retrouvée, identifiée et décryptée l’an passé.

L’équipe de Diamond Light Source aura passé plusieurs jours, fin septembre, à numériser précautionneusement le papyrus, avant d’entamer la procédure de décodage.  


Commentaires
Bonjour, attention à votre phrasé. On dit "mis au jour" quand cela concerne des fouilles et non pas :"mis à jour" comme écrit dans votre article.

😣
Sur ce site "littéraire", par pitié faites un effort pour mieux écrire !

"Les foudres" d'un volcan ???



"Et c’est là que la machine learning interviendra. En effet, il va intensifier un signal"…



On n'a pas à "décrypter" ou de "décoder" ces textes antiques, puisqu'ils n'ont pas été chiffrés ou codés, mais écrits dans des langues bien connues : le grec et le latin.
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