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Théorie du genre : Chatel approuve la mission d'information parlementaire

Clément Solym - 05.09.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - théorie - parlement - genre


L’enseignement de la théorie du genre sur l’orientation sexuelle dans les manuels scolaires au lycée pourrait bien constituer une véritable polémique de la rentrée scolaire. Pour apaiser les tensions, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a déclaré dimanche sur Radio J qu’il « verrai(t) d'un très bon œil qu'il puisse y avoir un éclairage des parlementaires sur ces sujets qui sont difficiles », rapporte l'AFP.

En effet, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Christian Jacob vient de proposer la mise en place de la mission d'information parlementaire sur les programmes des manuels scolaires.


Qu’est-ce que la théorie du genre ? C’est une théorie née dans les années 70 aux États-Unis qui soutient que les différences entre les hommes et les femmes sont avant tout le résultat d’une construction sociale et culturelle, au delà des seules différences biologiques. L’année dernière, le ministère avait décidé qu’elle serait enseignée dans les manuels de SVT des classes de première.

Dans une circulaire du 30 septembre 2010 du ministère de l’Education nationale, le chapitre Devenir homme ou femme des manuels de biologie au programme de l’année 2011-2012 doit « affirmer que si l'identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l'orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée ».

L’homosexualité en question

Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, s’insurgeait déjà contre l’intégration de cette théorie dans les manuels de SVT dans une lettre ouverte à Luc Chatel début juin. Puis, une pétition demandant leur retrait a été lancée et regroupe déjà plus de 35.000 signataires.

Un sujet qui divise la droite française, puisqu’environ 80 députés de la Droite populaire et de l’UMP ont écrit à Luc Chatel pour dénoncer l’enseignement de cette théorie dans les écoles publiques dans une autre lettre précisant que « Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels », rapporte l’AFP.



Cependant, certains enseignants soutiennent le Ministère. Le syndicat Snes-FSU dénonce une « croisade contre l’homosexualité », alors qu’une interprétation de la logique du genre pourrait être que les choix sexuels homosexuels ne sont pas naturels. L’UNSA Education a de plus déclaré que « les Eglises n'ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de citoyens et non de croyants, sauf à vouloir défaire la loi de la séparation des Eglises et de l'Etat ».

Enfin, le Groupe national information et éducation sexuelles (Gnies) approuve que cette question soit abordée en classe alors que les personnels scolaires sont « confrontés au désarroi de jeunes en difficulté avec leur orientation sexuelle », informe l’AFP. Dans une autre lettre publiée dans Le Monde, l’Institut Emilie du Châtelet, qui a pour objectif la promotion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre, a dénoncé une « censure archaïque » de la droite religieuse.