Fleur Pellerin contre la vision FN de la culture : Philippot riposte

Nicolas Gary - 01.08.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Fleur Pellerin - Florian Philippot - front national


L’affaire Fréjus a interpellé la ministre de la Culture, Fleur Pellerin. David Rachline, député-maire Front national, avait dans l’idée de demander aux artistes profitant d’avantages locatifs dans sa ville, de faire du bénévolat, auprès des élèves de primaire et maternelle. En l’échange de leur loyer à tarif préférentiel, ces derniers allaient donc payer de leur personne.

 

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication - Voeux à la presse 2015

ActuaLItté, CC BY SA 2.0

 

 

Fleur Pellerin avait répondu à ActuaLitté : « Nous sommes dans des déclarations stigmatisantes, qui sont tout simplement nuisibles. » Elle déplorait que « comme à l’accoutumée, le comportement du Front national, qui préfère la provocation à la recherche de l’intérêt général. De la sorte, la mairie fait deux victimes : les enfants, et les artistes ». 

 

Manifestement, cette déclaration, doublée d’un communiqué de presse officiel, n’était pas suffisante. Ce dernier était pourtant bien senti :

 

Depuis que je suis ministre de la Culture, je n’ai jamais rencontré d’artistes ou d’artisans d’art qui refusaient de partager leur talent ou leur savoir-faire.

Si M. Rachline avait fait son travail de maire, pour proposer des activités aux enfants de Fréjus comme le prévoit la réforme des rythmes scolaires, et s’il avait pris le temps d’aller vers les artistes pour élaborer avec eux des propositions d’éducation artistique et culturelle, nous n’en serions pas là.

Mais comme d’habitude, le FN privilégie la provocation et l’incitation à la haine plutôt que l’intérêt général. 

Le Maire de Fréjus affiche son mépris des artistes et de la culture, ce n’est pas une grande surprise. Mais il fait des enfants et de leurs familles les victimes collatérales de son incurie.

 

 

En d’autres temps, ce sont les services de la rue de Valois auxquels furent reprochés une certaine incurie, et un manque de cohérence. Mais qu'importe : Fleur Pellerin a dégainé son plus beau smartphone pour dire tout le bien qu’elle pensait de l’attitude du FN vis-à-vis du monde culturel.

 

 

 

 

 

Et voici que Florian Philippot, vice-président du FN, responsable de la stratégie et de la communication, se prend au jeu de ces échanges. il décide de riposter : 

 

 

 

 

 

Fleur Pellerin ne désarme pas, voici qu’elle renchérit : 

 

 

 

 

 

La passe d’armes est un sport national sur Twitter : les multiples réactions qui s’ensuivent ne feront d’ailleurs preuve que de haine et d’insultes. Pas grand intérêt donc. En revanche, un Twittos a décidé de faire preuve d’un peu plus de mémoire, et exhume des archives de l’AFP, un entretien de Ségolène Royal chez i-Télé.

 

 

 

 

 

« Faisons du gagnant-gagnant. [...] Il y a une soif de culture dans les écoles, les collèges, les lycées. Pourquoi est-ce que les intermittents, en contrepartie de leur indemnisation, n’interviendraient pas dans le système scolaire [ou] dans les maisons de retraite. »

 

L’idée de solliciter les intermittents serait donc une invention tirée d’une représentante du parti socialiste. Celui-là même qui dans un communiqué avait déploré l’attitude du député-maire de Fréjus : « Le Parti socialiste dénonce la décision du maire FN de Fréjus d’assigner des artistes et des artisans d’Arts à la garde d’enfants au prétexte qu’ils sont locataires de locaux municipaux. C’est une attitude méprisante à l’égard des artistes et des artisans d’Art dont le travail de création et de diffusion n’est pas respecté. »

 

L’intervention de Ségolène Royal se faisait toutefois quelques jours après des échanges tendus entre les intermittents et... le Medef. Ce dernier avait en effet proposé de supprimer le régime des intermittents, l’accusant de creuser le trou de la sécu. Romain Cazeaux avait alors riposté par une pétition proposant la suppression du Medef, sur cette base : « Que représente un déficit de 320 millions d’euros assurant la survie de plus de 100.000 intermittents du spectacle, face aux 20 milliards de crédits d’impôt aux entreprises sans effet sur la politique de l’emploi ? »