Un algorithme pour noter automatiquement les élèves

Clément Solym - 30.03.2012

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Professeurs - Automatisation - Dissertation


Après l'écriture d'articles par des ordinateurs, le progrès, sans limites (hum), nous amène la notation automatique des copies. Google affirmait l'an passé "qu'aucun algorithme ne remplacera les conseils d'un humain" (notre actualitté). Vraiment ?


L'on connaissait déjà l'automatisation des corrections pour les QCM ou certains exercices de mathématique, mais il s'agit ici de tout autre chose : l'évaluation des dissertations, chronophage pour les enseignants.

 

Devant le nombre parfois impressionnant de copies à corriger, certains professeurs tendent à établir des grilles précises de barèmes afin de noter rapidement leurs élèves. Pourquoi, alors, ne pas automatiser le système, par un robot qui scruterait les mots-clés et l'articulation des phrases ? C'est en tout cas la question soulevée par Mark Shermis de l'université d'Akron, dans l'Etat de l'Ohio, aux Etats-Unis.

 

Ce professeur a lancé une compétition, depuis plusieurs mois, dont l'échéance a été fixée au 30 avril prochain. Avec plus de 150 participants et 1 000 contributions, le concours récompensera le système de notation automatique le plus efficace et juste, avec à la clé 60 000 $ pour son concepteur. 

 

30 000 $ récompenseront le deuxième meilleur système et 10 000 $ le troisième, sous le parrainage de William et Flora Hewlett Foundation.

 

Le problème est que la dissertation, par essence, reflète une pensée humaine subjective, qui ne saurait donc être appréhendée de manière automatisée. Thomas Jehn, directeur des programmes à Harvard a ainsi exprimé son "horreur" devant le projet, estimant "aimer écrire pour un lecteur de chair et d'os, qui est excité par les mots sur la page".

 

L'automatisation est toujours un gain de temps, et pourrait permettre aux professeurs de paufiner davantage leurs cours, d'approfondir leurs recherches, ou de passer davantage de temps avec leurs élèves. A condition toutefois qu'un robot puisse parvenir véritablement à la même notation d'une dissertation qu'un humain. Et quand bien même.

 

Cela est-il vraiment possible ? Et fait-il sens de considérer, à terme, qu'une bonne dissertation est celle qui ne fait que répondre, même en littérature, à un certain nombre de critères mathématiques ?

Il reste permis de douter que l'expérience, même jugée concluante, entraine davantage de bénéfices que d'interrogations.