Wikipedia plagié par l'Oxford Textbook : le monde marche sur la tête ?

Cécile Mazin - 18.08.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - article Wikipedia - encyclopédie contrefaçon - article plagiat


On connaissait les problèmes de contrefaçon, où se retrouvent sur internet des textes repiqués sur d’autres sites. Mais James Heilman, médecin urgentiste canadien et éditeur de Wikipedia en a découvert une bien bonne. Dans l’Oxford Textbook dédiée aux maladies zoonoses, il potassait un article sur l’ebola. Et voici qu’il découvre un passage qui lui semble étrangement familier. Et pour cause, il l’avait vu dans Wikipedia. Sauf que... non.

 

Wikipedia

Giulia Forsythe, CC BY 2.0

 

 

L’article publié dans l’Oxford Textbook était écrit par un chercheur, Graham Lloyd, et James Heilman s’est rapidement rendu à l’évidence : quelque avait recopié le document, pour le reproduire, dans citer de sources, dans l’encyclopédie en ligne. 

 

Mais un doute subsiste : Doc James, de son pseudo, décide de plonger dans l’historique de l’article, et se rend compte qu’en réalité, le plagiat n’est pas celui qu’il croit.

 

Le papier sur Ebola concerné avait été écrit en 2006, par Rhys et ChyranandChloe et fut mis à jour en 2010. James fait rapidement la comparaison, et se rend compte que l’article de l’Oxford Textbook a été publié en 2011. Et tout semble alors confondre l’auteur de l’article : peut-être est-ce même Lloyd qui s’était servi dans Wikipedia. 

 

Heilman n’en est pas à sa première découverte : en 2012, il avait déjà démasqué que l’éditeur scolaire indien Jaypee Brothers Medical Publishers avait imprimé des passages d’un livre qui venaient de l’article sur le VIH, depuis Wikipedia. 

 

C’est également un fervent défenseur de l’encyclopédie et plus spécifiquement de ses ramifications médicales. Il officiait en 2014 comme président de la Wiki Project Med Fondation, et siégeait auparavant au conseil d’administration de Wikimedia Canada. 

 

La découverte de ce plagiat de l’Oxford Textbook remonte à janvier 2013, et n’est qu’un des exemples tirés de l’article de The Atlantic autour des modifications insolites opérées sur l’encyclopédie. Et des différentes dérives que l’on a pu y retrouver.