Un “bottin mondain” de 1565, réunissant les armoiries de 1800 familles

Nicolas Gary - 29.02.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - armorial blasons famille - Empire romain germanique - familles armoiries Saxe


Pour la première fois depuis 450 ans, un manuscrit du XVIe siècle sera exposé aux curieux : stocké et négligé, oublié par la bibliothèque de l’université de Manchester le German MS.2 retrouvera une nouvelle jeunesse. Archivé avec un pareil nom, personne n’aurait deviné son importance exceptionnelle dans le domaine de l’héraldique.


amoiries de Bianca Maria Sforza de Milan


Produit par le grand maître Lucas Cranach l’Ancien et son fils, Lucas Cranach le Jeune, le manuscrit est une production majeure issue de cet atelier allemand. Il contient en effet plus de 1800 armoiries de princes et nobles du Saint-Empire romain germanique, fourmillant de détails. Véritable registre, il établit en effet les liens entre les blasons et les familles.

Les plus illustres de l’époque s’y retrouvent : la dynastie des Habsbourg, ou encore la femme de l’empereur Maximilien, Bianca Maria Sforza de Milan. Cette dernière avait pour armoiries un serpent dévorant un homme, symbole de la ville lombarde… et occupe la première page de cet armorial — sorte de bottin mondain de l’époque.

Et pour cause, elle fut, par son mariage avec Maximilien 1er, impératrice du Saint-Empire, mais également reine de Germanie et archiduchesse d’Autriche. Tout en conservant, par ses origines italiennes, le duché de Milan, par son père. Son mariage fut cependant peu glorieux et surtout le second de Maximilien…
 

Un trésor d'histoire


Le chercheur et historien britannique Ben Pope, a fini par mettre la main sur l’ouvrage, relié à Cranach — un des peintres et graveurs les plus importants de la Renaissance. En effet, il avait accédé au statut de peintre officiel de la cour de l’Électorat de Saxe (un des États de l’Empire), et produisit des illustrations sur bois pour un certain Martin Luther, dont il était proche.

Popel, en remontant les sources, découvre que Cranach fils avait donc repris l’atelier de Cranach père : en 1565, il fait reproduire l’armorial paternel, à partir d’une version semble-t-il antérieure à 1500, conservée dans l’atelier, basé à Wittenberg (au sud de Berlin). Sur demande de l’Electorat de Saxe, le fils Cranach va donc reprendre l’œuvre, suivant les consignes particulièrement détaillées que lui fournit le commanditaire.

<

>


On aboutit à une réalisation somptueuse, typique de la production Wittenberg du XVIe siècle, relié par Paul Thiele. Certaines armoiries, absentes de la première version furent alors ajoutées, mais ne représentent qu’une infime part du manuscrit. Les spécialistes parviennent alors à lire le lien de patronage artistique, reflétant également la tradition artistique héraldique sud-allemande du moment. 

La galerie d’art Compton Verney doit le présenter prochainement au public, dans le cadre d’une exposition autour de Cranach, organisée en partenariat avec la National Gallery.


On peut découvrir l’ouvrage numérisé à cette adresse.



via Telegraph, Heraldica


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.