Un collégien privé de manuels scolaires pour cantine impayée

Clément Solym - 13.09.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - cantine - discrimnation - manuels


Dans un collège de Saint-Herblain (près de Nantes en Loire-Atlantique), un élève s’est vu privé de livres scolaires pour la simple et mauvaise raison que ses parents n’avaient pas fini de payer la cantine de l’établissement, rapporte Ouest France.

Les Toffano ont un fils en 3e au collège Ernest-Renan qui s'est vu privé de manuels scolaires cette année.
« Le jour de la rentrée, mon fils de 15 ans est revenu en disant : 'Maman, c'est la honte de ma vie. A l'école, tout le monde a reçu les manuels, mais la prof les a repris à moi et un copain, en disant qu'il y a des choses que nos parents n'ont pas payées' », s'est indigné Augustina Toffano au Monde.
Leur faute ? Ne pas avoir payé les 20,80 euros qu’ils doivent à la cantine de cet établissement public. «  L'éducation est un droit. C'est aberrant de priver un enfant de manuels scolaires pour une dette des parents. Il n'est pas responsable ! », fulmine le père, Antonio Toffano, à Ouest France.

Mauvaise volonté ? Non, oubli ou autres préoccupations, ça peut arriver, à n'importe qui : « Quatre mois que je suis cloué au lit avec un cancer. J'avais d'autres chats à fouetter que de penser à 20 €. », ajoute-t-il.

L’inspecteur d’Académie Bernard Javaudin explique à Ouest France qu’il s’agit d’une « maladresse. Les dettes d'une famille ne doivent pas interférer sur la pédagogie. La cantine est un service annexe. Quand il y a défaut de paiement, même si c'est regrettable, son accès peut être interdit. Mais on ne prive pas l'élève de livres. »


Sanctionner les élèves pour les actions de leurs parents ? L’établissement la fait à l’envers, dans la même lignée du décret du 23 janvier 2011 en France, autorisant la suspension des allocations familiales aux parents des élèves absentéistes.

La cantine, service payant non obligatoire dans les écoles, peut facilement servir de moyen de pression, voire de discrimination sur les plus démunis. À Thonon-les-Bains, l’accès à la cantine des enfants de chômeurs est limité. De puis le 20 avril dernier, un décret du conseil municipal oblige les sans-emploi à présenter un justificatif attestant de leur assiduité aux rendez-vous avec Pôle Emploi, ou à leur présence à des formations ou entretiens d’embauche, pour autoriser leurs enfants à aller à la cantine. Il ne s’agit même plus d’être en mesure de payer cette fois-ci, mais bien de discrimination.

Crise des établissements, inscriptions en surnombre à la cantine ou changement politique de l’Éducation ? Le concept de l’éducation pour tous n’existe plus dans certains endroits de la République française où la santé financière des familles prévaut sur l’accès au savoir.