Un éditeur accusé d'être financé par les Frères musulmans... le complot continue

Victor De Sepausy - 03.08.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Pearson frères musulmans - éditeur manuels scolaires - Nebraska élèves islamisme


En cette période de schizophrénie et de confusion totale, l’assimilation de l’islam à l’islamisme fait des ravages. Les théories du complet fleurissent dramatiquement, et touchent même le corps enseignant. Ainsi, un éditeur vient de se voir accusé de connexions avec un groupe d’investissement libyen ainsi qu’avec la Société des frères musulmans...

 

Complot España

Arturo de Albornoz, CC BY SA 2.0

 

 

Pour le moment, Amber Parker n’est que candidate pour entrer dans le conseil d’administration des Millard Public School. C’est avec des articles du Washington Times et du Financial Times qu’elle a abordé cet entretien : selon les documents qu’elle cite, le groupe éditorial Pearson (copropriétaire de Penguin Random House), aurait bénéficié des investissements réalisés par les Frères musulmans. 

 

L’idée paraît étrange, mais l’époque est propice aux scénarios les plus improbables. Sauf que l’intéressée développe : le fonds Libyan Investment Authority serait de mèche, et les sommes engagées par les Frères musulmans à travers cette société ont un impact direct... sur les manuels scolaires que publie le groupe Pearson.

 

En souscrivant aux ouvrages de l'éditeur, les organismes scolaires auraient ainsi introduit le loup dans la bergerie. Un des manuels d’histoire édité par la maison Pearson, United States History : Reconstruction to the Present est plus spécifiquement pointé du doigt. Amber Parker lui reproche de contenir des éléments d’endoctrinement, qui découlent en droite ligne des investissements réalisés par les Frères musulmans. Et cette accusation, formulée lors de son entretien, est tout bonnement déduit de ce qu'elle a lu dans la presse.

 

Si la Bourse le dit, c'est forcément vrai...ment déformé

 

Les membres du conseil s’étranglent : aucune chance qu’un manuel qui ferait la promotion du terrorisme, se montrerait prosélyte en faveur de l’islamisme radical, ou tout autre chose du genre puisse passer les filtres. Le fait est que tout cela devient sournois, quand on découvre, selon le Dow Jones, que le fonds d’investissement libyen détient 3,23 % des actions de Pearson depuis le 1er juin. 

 

Aucune accusation n'a été officiellement portée, autres que les reproches formulées par la jeune femme durant son entretien devant le conseil d'administration. Mais dans la presse, on s'inquiète.

 

Bien entendu, un porte-parole du groupe dément toute incidence du fonds d’investissement dans la ligne éditoriale, ou la moindre incidence sur les publications. D’autant plus que les actions ont été gelées depuis l’entrée en vigueur de sanctions financières, en 2011. Même les dividendes que l’actionnaire pourrait percevoir sont contrôlés et bloqués. 

 

Autrement dit, les allégations de l'intéréssée n'ont aucun fondement, et ses accusations sont pour le moins totalement fantaisistes. Et sa stratégie pour réussir à convaincre, lors de son entretien, fait figure de théorie complotiste totalement déplacée.

 

Pourtant, Amber Parker n’a pas manqué de rappeler aux membres du conseil d’administration qu’il est contraire aux statuts du Nebraska de faire des affaires avec des entreprises antiaméricaines. Et les lois de l’État imposent que les manuels scolaires ne contiennent rien qui relève de dénigrant vis-à-vis des États-Unis. 

 

Rappelons, pour enfoncer le clou, que Pearson s’est également associé avec le plus grand distributeur de manuels numériques en Russie, et que, ÇA, c’est super louche. Parce qu’en plus, le nom de ce distributeur, Azbuka, signifie alphabet en russe, et que c’est clairement l’intention de la firme que de bouleverser l’ordre établi en imposant le cyrillique aux élèves américains.

 

Si, si juré !

 

via Omaha