Un livre anti-israélien ? Faut pas prendre les élèves pour des cons

Clément Solym - 09.04.2010

Patrimoine et éducation - A l'international - Toronto - Israel - Palestine


En début de mois, on apprenait que le B'Nai Brith, association israélienne implantée un peu partout, et organe conservateur de la parole juive, s'opposait à la présence d'un livre racontant la vie d'une bergère en Palestine. Sous prétexte que le livre transmettait des valeurs anti-israeliennes.

La plainte s'est fait entendre, mais dans l'école de Toronto agitée par cette querelle, il semble que les esprits se soient calmés. Le conseil a en effet choisi de ne pas retirer de la liste des ouvrages pour les élèves, estimant que ce roman est avant tout un roman. Certes, on admet qu'il offre également un point de vue appréciable sur la vie des Palestiniens, mais cela ne suffit pas.

Dans Parent Central, Lloyd McKell, directeur de la communauté des étudiants, explique qu'après mûr examen critique du personnel scolaire, les élèves de 7e et 8e [NdR : 13 et 14 ans], « sont à même de tirer les ressources éducatives et sociales de ce livre sans développer d'attitude destructrice contre les personnes dans l'actuel conflit au Moyen-Orient ».

Il n'est pas utile de chercher à protéger les enfants outre mesure, estime Lloyd. « Le monde est empli de questions controversées et c'est une chance d'avoir des étudiants qui reflètent une certaine diversité culturelle, qui apportent des perspectives différentes, répondant aux questions à partir de leur expérience. »

Mais Anita Bromberg, la directrice juridique de N'Nai Brith ne l'entend pas de cette oreille : la décision du conseil scolaire ne lui convient pas, et elle estime que les enseignants qui ont tranché s'appuient sur leurs propres préjugés. Elle accuse même le conseil d'administration de pratiquer une sorte d'apartheid sur les activités menées en Israël, qui n'auraient pas la place qu'elles méritent dans les écoles.

Dans tous les cas, le livre restera...