Un manuel de la Renaissance pour réussir son business, mis en vente

Victor De Sepausy - 06.03.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Luca Pacioli - manuel comptabilité Renaissance - réussir affaires


Étonnante coïncidence, et actualité brûlante, pour un auteur décédé en 1517. Alors qu’il faisait l’objet d’une exposition inédite à la bibliothèque de Genève pour De Divina proportione, le mathématicien toscan Luca Pacioli sera au cœur d’une vente aux enchères. C’est pour un autre livre, Summa de arithmetica, écrit en 1494.


crédit Christie's
 

Pacioli, outre sa passion pour le nombre d’or – et sa relation avec Leonard de Vinci – était en effet un féru de comptabilité. Nombre de ses recettes aurait encore une véritable efficacité dans notre monde moderne. D’ici à ce que les contrôleurs de gestion se précipitent...

C’est la maison Christie’s qui se chargera de la vente du plus ancien ouvrage de finances, mais également de mathématiques. En cette fin de XVe siècle, où la Renaissance bat son plein, Pacioli fut avec la Summa, une véritable référence. Il avait en effet produit le premier véritable manuel de comptabilité – un comble pour un moins franciscain, peut-être.

Summa di arithmetica, geometrica, proportioni et proportionalita, de son véritable nom, avait été rédigé en italien, où il détaille notamment la méthode vénitienne – plus connue aujourd’hui sous l’appellation de comptabilité à partie double (comprenant un compte créditeur et un autre débiteur). Un procédé qu’il n’a pas inventé lui-même, mais dont il livre et analyse les tenants et aboutissants. 

Il propose également des conseils pour réussir au mieux dans les affaires, en codifiant les fondements mathématiques nécessaires. 

On s’arrachait alors ses solutions, dans toute l’Italie, et l’Europe, attendu qu’elles apportaient une véritable métamorphose dans les tenues de comptes. Et l’Italie avec ses multiples banques familiales, à l’époque, ne manquait pas de travail en la matière. Et puis, l’essor du commerce et des arts, combiné à celui de la science et des chiffres conduisait à trouver de nouvelles manières de garantir la fiabilité de ses chiffres. 
 
En réalité, Pacioli avait véritablement un temps d’avance, pensant que l’étude de l’économie était un art libéral à part entière. Christina Geiger, responsable des livres et manuscrits, souligne : « Leonard de Vinci a fait des progrès révolutionnaires dans le domaine de l’art, Machiavel dans celui de la politique, tout comme Pacioli pour le commerce. »

Et d’ajouter : « Les principes mathématiques des caractéristiques les plus essentielles de la finance contemporaine sont présents dans la Summa de arithmetica. » Probablement parce que l’auteur avait tenté d’inclure toutes les connaissances mathématiques disponibles à son époque. 

La vente se tiendra le 12 juin prochain, à New York : selon Christie’s, il rapportera entre 1 et 1,5 million $. 


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.