Un milliard de dollars pour le bilinguisme canadien

Clément Solym - 21.03.2008

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Canada - bilinguisme - milliard


Bernard Lord, l'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick a estimé, à travers un rapport d'une cinquantaine de pages, rendu public hier que le bilinguisme coûterait un milliard de dollars américains au Canada, réparti sur cinq ans. Le ministère du Patrimoine canadien disposait de ce texte depuis plusieurs semaines.

Nouveau plan quinquennal pour assurer le polylinguisme

Français et anglais ne cohabiteront donc pas à moins, estime Bernard Lord. Pour la ministre Josée Verner, cette étude jettera les fondements du plan d'action concernant les langues officielles, et qui verra le jour cet été. « L'ensemble des recommandations va être analysé. On s'est engagé dans le discours du Trône à aller de l'avant avec une seconde phase et on va tenir notre promesse », a-t-elle conclu.

Le plan précédent, avancé par les libéraux en 2003 disposait d'une enveloppe de 830 millions et s'achève cette année. Et globalement le rapport de M. Lord ne s'écarte pas de la voie tracée. Culture et arts restent d'ailleurs des « aspects fondamentaux », de la vie pour cette « dualité linguistique ».

Avec ses 33 millions d'habitants, dont 5 millions estiment être bilingues, le pays voit toujours dans la province de Québec la plus grande source de ces êtres à part.

Les réactions n'ont pas tardé

Graham Fraser, Commissaire aux langues officielles a manifesté son enthousiasme, en se disant « très content ». « Je suis aussi impressionné par l'approche générale de M. Lord qui a bien écouté les gens à travers le pays. Les échos qu'il a eus confirment ceux que moi j'ai eus », conclut-il. De son côté, la Fédération des communautés francophones et acadiennes a également approuvé ces mesures.

En revanche, Ottawa a montré moins d'euphorie : « C'est du copier-coller et du résumé des travaux du comité parlementaire des langues officielles, lance Yvon Godin, député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst. C'est ce que le gouvernement voulait entendre ! » Pour Richard Nadeau, porte-parole du parti en matière de langues officielles, « c'est du saupoudrage pour justifier l'injustifiable ».

Car on se demande surtout comment et où dénicher une telle somme à répartir sur cinq ans. En ce qui le concerne, Bernard Lord touchera un peu moins de 20.000 $ pour la réalisation de cette étude, et n'ajoutera que 6000 $ pour les frais de transport...