Un recueil de textes sur l'homosexualité taxé de pornographie juvénile

Clément Solym - 05.08.2010

Patrimoine et éducation - A l'international - homosexuel - censure - lobbying


La bibliothèque de Burlington, ville située dans l'État du New Jersey, a tenté le coup : supprimer un livre évoquant l'homosexualité, en toute discrétion, au printemps dernier. Le prétexte évoqué pour justifier de cette disparition est simple : « Pornographie juvénile », assure Gail Sweet, directeur de la bibliothèque, quand un de ses employés lui posera la question.

Une réponse formulée par email, que l' American Civil Liberties Union du New Jersey est parvenue à obtenir, après avoir exprimé ses doutes et appréhensions quant à la gestion des stocks de l'établissement. La directrice adjointe au service juridique de l'ACLU explique que la situation n'est pas claire, et que la disparition de Revolutionary Voices, une anthologie d'oeuvres évoquant l'homosexualité soit de leur auteur, soit vue par l'auteur, était louche.

En mai dernier, les justifications étaient déjà sournoises : « Aucun livre n'est bon pour tout le monde et le rôle de toute bibliothèque est de permettre aux étudiants de faire des choix en fonction de leurs propres intérêts, expériences et valeurs familiales. Même si des livres sont trop adultes pour certains, ils seront utiles à d'autres ».

Ouvrage vulgaire...

Une femme de la ville, membre du groupe conservateur à l'origine de la suppression de ce livre, évoquait elle-même une « vulgarité omniprésente et obscène ». Elle n'est pas une mère homophobe, se défend-elle, simplement « une mère et une grand-mère qui défend ses valeurs conservatrices ».

Le Glenn Beck's 9.12 Project, nom de ce groupe, entend faire disparaître tout ouvrage inconvenant, selon leurs critères, et leur pression sur le directeur aura porté ses fruits : « Nous n'apprécions pas de supprimer des livres. On a estimé, toutefois, que le livre n'était pas approprié », explique-t-il dans un nouvel email.

Or, la Library Commission de la ville vient de statuer sur cette histoire. Et donné raison au lobbying de droite.

Triste monde...