Rentrée littéraire : La fashion week des libraires


Pour l’édition 2017 du Salon de Genève, le distributeur/diffuseur Servidis avait quelques projets. Si le monde scolaire est son dada, le stand, situé entre L’école des loisirs et l’îlot Jeunesse des librairies Payot est devenu le centre des attentions. Au milieu des livres, il y avait des jeux, des puzzles et des casse-têtes. Et des enfants presque aussi captivés… que leurs parents.

 

Stand Servidis
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

Fruit du regroupement des éditions Seuil et Slatkine, Servidis compte près de 200 éditeurs diffusés et distribués en Suisse. « L’an passé, nous avions une belle représentativité de nos éditeurs sur le salon de Genève. Notre espace pédagogique existe depuis longtemps, mais nous souhaitions y apporter une animation supplémentaire », explique Jean-Baptiste Dufour, directeur de la diffusion.

 

Tout est parti de la maison Magnard, et d’un auteur, Thierry Dias (Nous sommes tous des mathématiciens, 2015). « Nous l'avions invité à Genève, l'année passée. Une fois installé sur le stand, Thierry a déballé tout un attirail et rapidement, a focalisé l’attention. Grâce à lui, la réflexion s’est amorcée, tant nous étions étonnés des résultats. »

 

Et voici que Servidis part à la recherche de jeux, avec une approche pédagogique, pour amorcer une nouvelle offre. « En Suisse, enseignants et parents sont à la recherche de solutions pédagogiques innovantes. Nous avons constitué un catalogue de produits, en parcourant les salons dédiés, avant de constituer notre offre », explique Adeline Ledard, déléguée pédagogique.

 

Le salon de Genève constituait alors une occasion parfaite d’expérimenter l’offre, directement au contact du grand public. « Le Salon nous sert de laboratoire de test pour les produits, et les organisateurs furent d’ailleurs un partenaire essentiel pour nous. » En complétant l’offre pédagogique avec un espace dédié au jeu, Servidis doublait son espace d’exposant : « Palexpo nous a aidés à communiquer auprès des scolaires, en proposant un espace d’inscription à nos animations sur leur site », reprend Jean-Baptiste Dufour. De quoi encourager les enseignants à s'inscrire pour découvrir. 

 

Pari gagné : une quinzaine de classes est passée pour sur le stand, voir les boîtes de jeux présentées. « C’est un pari, parce que la commercialisation ne débutera véritablement dans les librairies que la semaine prochaine. Nous allons proposer aux libraires des formations, de sorte qu’ils soient en mesure de conseiller, mais surtout qu’ils expérimentent les jeux eux-mêmes pour choisir au mieux. »

 

Sur le stand, la magie a doublement pris : outre les scolaires venus durant les trois premières journées, les parents sont intrigués. Et Thierry Dias, avec ses étranges instruments, séduit, enchante, fascine. Exemple en vidéo :

 

 

 

« Les jeux que nous avons retenus peuvent compléter des offres dans les écoles, en tant qu’outils nouveaux, pour parler de mathématiques, de logique », insiste Adeline Ledard. « Dans un même temps, l’emplacement même de notre stand permet d’ailleurs une continuité avec les exposants : les enfants et leurs parents vont et viennent. Ici, ils découvrent les ateliers que nous proposons, et manifestement, sont ravis. »

 

Un enchantement qui se répercute sur les ventes, jugées satisfaisantes. « Quand les jeux seront en librairie, ce sera autre chose : en tant que distributeur, nous les avons achetés en ferme aux éditeurs, sans possibilité de retour. Les libraires qui les commanderont pourront nous les renvoyer, mais nous prenons nos responsabilités », insiste Jean-Baptiste Dufour.

 

Développer des jeux pour stimuler l’apprentissage

 

Les thématiques, particulièrement variées, laissent encore une grande place à l’inventivité. « De nombreux domaines restent à explorer dans les jeux, comme le commerce équitable, ou l’agriculture biologique, l’histoire. Ces outils pédagogiques et ludiques sont déclinables dans chaque matière, à condition de trouver les approches les plus pertinentes », relève Adeline Ledard.

 

Non que tout apprentissage puisse être uniquement ludique, mais en regardant dans le reste du monde francophone, cette solution est particulièrement prisée. « Les enseignants, au Québec par exemple, en sont très férus, parce que les élèves s’investissent plus facilement et rentrent dans les jeux. Des parents en achètent pour leur maison, dans une démarche d’accompagnement, très en amont. »

 

Pour le territoire suisse, les problématiques sont autres : si le démarchage des écoles privées est possible pour les distributeurs, le secteur public est préservé. « Certains cantons imposent de passer par une centralisation des achats auprès de la collectivité, de sorte que nous ne pouvons pas intervenir directement. »

 

Servidis compte axer toute sa politique sur la formation dispensée auprès des libraires, pour déployer son réseau de jeux, et convaincre. «  La proximité est dans notre logique, c’est pourquoi nous réaliserons aussi des démonstrations dans des librairies, en proposant des ateliers jeux », conclut Jean-Baptiste Dufour. Qui accueillera parents et enfants avec plaisir...

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