Un texte inédit de Steinbeck, dans les coulisses d'un restaurant parisien

Nicolas Gary - 31.07.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - John Steinbeck - cuisinier Paris restaurant - nouvelle inédite


Récit humoristique, alors écrit en français par John Steinbeck, quand il travaillait pour Le Figaro, Les puces sympathiques a été redécouvert. Et les Anglo-saxons n’en peuvent déjà plus… Au milieu des années 50, Steinbeck vivait en effet à Paris, où il tenait une chronique hebdomadaire, “One American In Paris”. Et l’un de ces textes fut publié, tant il est drôle !

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John Steinbeck - domaine public
 

C’est le 31 juillet 1954 que Les puces sympathiques voient le jour. Et le texte est à des années-lumière des Raisins de la colère ou de Des Souris et des hommes. Délaissant la veine dramatique, Steinbeck se lançait dans un récit dont le texte vient d’être retrouvé. Dans les archives de l’écrivain, abritées par le Ransom Center de l’université du Texas à Austin, Andrew Gulli, éditeur du magazine Strand, a mis la main sur ce morceau de cuisine.

Certains diront qu’il s’agit d’une sorte de Ratatouille bien avant l’heure… sans trop se tromper. 
 

Bienvenue aux Puces sympathiques, vous avez réservé ?


Avec un humour rabelaisien et gourmet, il raconte la vie d’un restaurateur, qui a remporté sa deuxième étoile Michelin, avec l’aide d’un ingrédient secret, fourni par son chat. Attention, spoiler : le titre ne contient pas d’ingrédient qui pourraient être utilisé. Au contraire, il s’agit du nom du restaurant, situé à proximité de la Concorde. 

Le chef, baptisé Monsieur Amité, désespère littéralement de parvenir à remporter son Graal. Un jour, dans un mouvement d’humeur, il finit par maladroitement donner un coup de pied à son chat, qui lui sert de compagnon et de muse. Pour tenter de le reconquérir, il s’essaye alors à préparer un plat pour convaincre le chat de lui pardonner.

Le félin, baptisé Apollo, va céder, du fait de cet ingrédient quasi magique… Fort heureusement, puisque le matou goûte tous les plats du chef, et donne son approbation ou sa désapprobation. 
 

L'agacement de journalistes maladroits


On connaît bien la carrière d’écrivain d'Ernest Hemingway dans la capitale française, ainsi que ses notes de frais. Mais celle de Steinbeck ne fut pas moins glorieuse. 

À plusieurs reprises, dans ces chroniques — comme celle du 14 août 1954 — Steinbeck s’est attaché à raconter Paris à travers ses propres impressions. Il avait ainsi imaginé dans un autre texte, d’installer une figurine de cire qui donnerait le sentiment aux clients qu’ils observaient un écrivain à l’œuvre. Pour finir par l’éloge de la nourriture copieuse que l’on trouvait dans le marché des Halles, désormais disparu…
 
Steinbeck n’écrivait cependant pas en français : ses publications se faisaient après traduction, mais le choix fut délicat. Les propositions que formulaient Le Figaro ne convenaient jamais : les rendus manquaient de cette note américaine. Marlene Gray, secrétaire de l’écrivain, finit par trouver la solution. Il fallait rendre le ton Steinbeck, celui d’un gamin qui a grandi dans une petite ville de Californie, tout en incarnant l’esprit américain de son époque. 

Pour autant, Paris et ses journalistes agaçaient — surtout les seconds — passablement l’écrivain. Comme il le raconte, il passait son temps en interviews. « . Je passe des heures avec des journalistes, à les aider à formuler une sorte d’histoire et quand elle sort, c’est déformé, raté et moche », assurait-il à son agent, Elizabeth Otis.

Et de se demander pourquoi il ne réaliserait pas lui-même ces entretiens, pour son compte ? « En d’autres termes, pourquoi n’écrirais-je pas ces 800 mots par semaine dans un journal français, appelé quelque chose comme Un Américain à Paris – des observations, essais, questionnements, mais résolument à l’américaine. »

Le Figaro l’aura sauvé… 

via The New York Times


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