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Une bibliothèque et des manuscrits anciens détruits à Tombouctou

Julien Helmlinger - 29.01.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Mali - Tombouctou - Manuscrits anciens


Alors que le coup d'État de mars 2012 avait déjà mis un coup d'arrêt aux travaux de numérisation de manuscrits anciens à Tombouctou, et placé le patrimoine local dans la tourmente, le maire de la ville a annoncé lundi la destruction de l'Institut Ahmed Baba. Les miliciens islamistes en fuite, face à l'arrivée des troupes françaises et maliennes, ont mis le feu à la bibliothèque ainsi qu'aux milliers de manuscrits anciens qu'elle abritait. Une tragédie pour le patrimoine culturel africain. 

 

Manuscrit swahili

 

 

Hallé Ousmani Cissé, le maire de Tombouctou, a appris par son chargé de communication que les miliciens islamistes ont incendié la bibliothèque avant de fuir la ville. Contacté par l'agence Reuters ce lundi, il a déclaré : « Les rebelles ont mis le feu à l'institut Ahmed Baba créé récemment par les Sud-Africains (...) Cela s'est produit il y a quatre jours. »

 

La collection de plus de 20.000 manuscrits anciens dont certains dataient du XIIIe siècle était inestimable. Depuis plusieurs années ils étaient conservés au centre de documentation Ahmed Baba, tandis que d'autres sont abrités au sein de bibliothèques privées de ce haut lieu culturel historique.

 

Les écrits traitaient de sujets aussi variés que la religion, l'histoire, la philosophie, la poésie, la géographie, la médecine, les mathématiques, l'astronomie, ainsi que des chroniques fameuses : les tarikhs. La majeure partie d'entre eux étaient écrits en arabe, mais également en d'autres langues africaines et même un en hébreu.

 

L'ouvrage le plus ancien datait de 1204.

 

Essop Pahad, du South African Manuscripts project, a affirmé : « Les manuscrits vous donnaient un sentiment fantastique de l'histoire de ce continent. Ils vous rendaient fier d'être africain.  Surtout dans un contexte où l'on vous dit que l'Afrique n'a pas d'histoire à cause de la colonisation et tout ça. Certains sont dans des mains privées, mais le fait est que ceux-ci ont été détruits et c'est une véritable tragédie. »

 

Ajoutant : « Si les bibliothèques sont détruites alors une partie très importante de l'histoire africaine et du monde ont disparu. Je suis tellement bouleversé en entendant ce qui s'est passé. Je ne peux pas penser à quelque chose de plus terrible. »