Une carte du monde utilisée par Christophe Colomb dévoile ses secrets

Victor De Sepausy - 29.10.2018

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En 1492, Christophe Colomb, mandaté par la couronne d’Espagne, part à la recherche d’une voie d’accès pour gagner les Indes. Manque de chance, il tombe sur une terre imprévue : les Amériques. Le 12 octobre, après trois mois de traversée, il croit voir l’archipel nippon. Mais en fait... non.

 



 

Créée par le cartographe allemand Henricus Martellus, voici la carte que Colomb a utilisée pour planifier son trajet vers les Indes. Vieille de plus de 500 ans désormais, elle a récemment dévoilé des secrets que seule une technologie moderne pouvait rendre visibles.

 

Oh, mon bateau, oh, oh, oh...
 

Contrairement à ce que l’on répète à l’envi, Colomb savait, et certainement ses contemporains les plus érudits également, que la Terre n’était pas plate. Toutefois, si leur compréhension du monde était plus complexe, elle différait de la nôtre comme en atteste la carte de Martellus. Selon Chet Van Duzez, spécialiste de la cartographie, les traces laissées nous apportent de multiples informations sur l’image que l’on se faisait du monde à l’époque.

 

En effet, l’Europe et la Méditerranée – le bassin méditerranéen de fait – sont plus ou moins précis, mais tout à fait reconnaissables. L’Afrique australe, elle, a une forme de botte, de même que l’Asie est présentée comme très déformée en regard de ce que l’on en sait. Martellus, sur son plan, a peuplé d’îles imaginaires l’océan Pacifique – estimant que la nature a horreur du vide, et qu’à défaut, mieux vaut faire du remplissage. 

 

Il en va de même pour le Japon : les Occidentaux connaissaient son existence, mais encore très mal les contours. Les journaux de Marco Polo, qui était la référence en ces temps, n’ont pas apporté de fantastiques précisions sur le sujet. Or, dans son tracé, il présente l’archipel comme orienté Nord-Sud, précisément ce que Colomb affirma. 

 

Laissant donc entendre qu’il se basait sur la cartographie de Martellus. 

 

Or, le 12 octobre 1492, arrivant à proximité des futures Antilles, Colomb indique qu’il cherche en réalité le Japon, et donc une voie d’accès vers les Indes. Selon les indications de sa carte, il avait parcouru à peu près la distance que Martellus indiquait, séparant le Japon de l’Europe. 
 

Regardez-moi dans les yeux... 

 

La carte de Martellus mesure à peu près 1 mètre sur 1,8 mètre. Objet assurément luxueux, elle aura été commandée par un dignitaire en fonds, bien qu’aucune dédicace ni blason n’apparaisse pour identifier son propriétaire. Avec une équipe spécifiquement montée, Van Duzer examine depuis 2014 la carte avec une technologie d’imagerie multispectrale. L’objectif était de faire parler le document, et ainsi lui arracher ses secrets. Le tout en améliorant sa lisibilité par la prise de clichés. 

On peut retrouver ici un aperçu de l'avant et de l'après.

 

Cela n’a pas raté : en effet, pour ce qui touche à l’Afrique, on découvre de nombreux détails, toponymes, etc., qui semblent faire écho à la venue d’une délégation éthiopienne arrivée à Florence en 1441. Aucune autre carte de l’époque ne dispose des références qui figurent sur celle de Martellus. 

 

Des éléments géographiques y figurent, rendant l’objet plus complexe encore. 

via National Geographic




Commentaires

Bonjour

Où peut on admirer cette carte de Martellus ??

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