Une étudiante part construire une bibliothèque en Afghanistan

Elodie Pinguet - 25.11.2016

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - bibliothèque Afghanistan Kaboul - analphabétisation - Baale Parwaz Library


Sajia Darwish, étudiante américaine est repartie cet été sur sa terre natale à Kaboul en Afghanistan pour faire construire une bibliothèque. La Baale Parwaz Library a ouvert en août dans une école publique et contient 2500 livres.

 

 

 

En Afghanistan, le règne des talibans aura porté un coup puissant à l'alphabétisation, la guerre civile ayant entraîné un déclin de la culture et de la lecture. Dans sa jeunesse, Sajia Darwish trouvait réconfort et sécurité dans la lecture. Dans son école Mohammad Asif Mayel, où elle a étudié étant jeune, il n’y avait que peu de livres et pas de lectures adaptées à l’enfant qu’elle était. Elle commence donc par lire des livres de niveau supérieur.

 

Dès ses 13 ans, elle obtient une bourse et part faire ses études aux États-Unis, d’abord dans le Connecticut puis dans le Massachusetts où elle étudie les relations internationales. Son éducation est financée par le Fonds d’aide financière aux filles afghanes (AGFAF). C’est avec le soutien financier de l’AGFAF et l’approbation du ministère de l’Éducation que son projet de bibliothèque à Kaboul a pu voir le jour.

 

La bibliothèque s’appelle Baale Parwaz ce qui signifie « wings to fly » (des ailes pour voler). Elle a élu domicile sur un balcon à l’école Mohammad Asif Mayel, car il n'y avait pas de salle assez grande, et contient environ 2500 livres. Elle a été conçue comme un endroit pour lire, mais aussi étudier. Chaque jour ce sont jusqu’à 350 étudiants qui s’y rendent pour emprunter un livre, travailler ou juste faire une activité de lecture.

 

Au sein de la Baale Parwaz Library il y a des livres disponibles pour tous les âges. On y trouve des romans, des nouvelles, des livres choisis par les enseignants... c’est une véritable « Ketab Khana » ou maison des livres.

 

Le fait de pouvoir emmener les livres hors de la bibliothèque contribue à sensibiliser un public extérieur à la lecture comme le dit Sajia Darwish dans une interview : « Leurs familles deviennent exposées à l’idée de lire pour élargir leurs connaissances, pour le plaisir et le divertissement. Les familles, les amis et les autres font partie d’une chaîne de sensibilisation qui fend lentement le mur entre les gens et les livres. »

 

L’ouverture de cette bibliothèque sonne comme une victoire pour l’alphabétisation en Afghanistan, notamment pour les femmes. En effet, d’après l’ONU, 85 % de femmes afghanes seraient analphabètes. Et 35 % des femmes lettrées se trouvent à Kaboul. Le fait que ce projet soit réalisé par une étudiante est également important pour un pays où les femmes sont constamment soumises aux choix de leurs pères ou leurs maris.

 

photos via Facebook

 

 

Via HuffingtonPost