Une journaliste américaine salue 'la sagesse de l'éducation à la française'

Clément Solym - 09.02.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - éducation - France - modèle


À chacun le sien : si les hauts responsables français ne tarissent plus d'éloges sur le « modèle allemand », une journaliste américaine penche plutôt du côté français, surtout en matière d'éducation. Son ouvrage Bringing Up Bébé (« Éduquer Bébé ») fait une sage apologie de l'éducation à la française.

 

On a presque l'impression que Pamela Druckerman renvoie l'ascenseur à Luc Chatel après sa mise en avant de la langue de Shakespeare dans l'Éducation nationale. La journaliste américaine vient de publier Bringing Up Bébé, un panégyrique de la French touch en matière d'éducation.

 

Dans un entretien donné à l'AFP, l'auteure souligne que ce qu'elle préfère dans l'éducation à la française, c'est « [s]urtout ce qui concerne la nourriture et les repas [...]. Et aussi le fait que les enfants ne mangent pas tout le temps. » Mieux vaut un estomac bien fait qu'un estomac bien plein. 

 

Elle observe aussi : « En Amérique, on veut que les enfants puissent acquérir des compétences le plus tôt possible, on est fier parce que nos enfants savent lire très tôt, savent nager, c'est une compétition sur le mode « plus c'est tôt, mieux c'est ». En France, on insiste plus sur le développement de l'intelligence affective, du contrôle de soi, sur le langage correct. On développe les compétences sociales, la vie en groupe, comment parler aux adultes ». Une indépendance pédagogique qui fait rêver la jeune femme, mais laisse dubitatif outre-Atlantique.

 

« Bringing Up Bébé est surtout une série de généralisations fondées sur sa propre expérience de mère et celle de ses amis français et américains » critique ainsi Susannah Meadows dans le New York Times. Et il semble difficile de lui donner tort: Druckerman vit à Paris et ne semble pas avoir jugé utile d'approfondir son enquête par des recherches sociologiques un peu plus vastes, tirant certaines citations... des fêtes où elle s'est rendue. Les fréquentations, aussi respectables soient-elles, d'une journaliste américaine exilée en France, et parlant couramment six langues dont l'Hébreu, ne sont sûrement pas représentatives des méthodes et ressources éducatives de la majeure partie de la population française.

 

Plus drôles (ou inquiétantes, c'est selon) sont les réactions de certains critiques outre-Atlantique, qui utilisent le premier ouvrage de Druckerman, Lust in Translation, pour la discréditer: celui-ci racontait l'épopée d'un couple voulant se lancer dans le threesome, le ménage à trois.

 

Mais ce que l'on déplorera le plus reste la teneur générale des observations de Druckerman, qui prônent une vision de l'éducation plutôt mollassonne : « Ils consacrent beaucoup de temps à expliquer à leurs enfants ce qui est permis et ce qui ne l'est pas ».