Une pierre vieille de 2500 ans livrerait des informations inédites sur les Étrusques

Orianne Vialo - 01.04.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - civilisation étrusque - Empire romain - découverte archéologique majeure


Des archéologues italiens ont mis à jour ce qui pourrait être un texte sacré d'une extrême rareté, écrit dans la langue étrusque. Gravé sur une stèle, ces écrits seraient susceptibles de donner des détails d'une richesse inespérée au sujet de l'alphébétisation et du culte étrusque. Ces découvertes viendraient donc apporter des éléments de réponse jusqu'alors inconnus des historiens et des archéologues.

 

Image d'illustration, domaine public

 

 

En deux décennies de fouilles, la vallée du Mugello a livré de nombreux secrets sur ce peuple, aujourd’hui éteint. Des objets sur l’adoration des Étrusques, des croyances, des cadeaux aux divinités, des découvertes liées à la vie quotidienne des élites et non-élites, y compris des ateliers, des fours, des poteries et des maisons ont été mis à jour.

La dalle récemment découverte est faite de grès. Autrefois incorporée dans les fondations d’un temple monumental italien, elle pèse 227kg pour 1m20 de haut sur 60 cm de large. Les archéologues estiment qu’elle a été gravée il y a près de 2.500 ans. À sa surface, on discerne plus ou moins au moins distinctement 70 caractères lisibles, ainsi que des signes de ponctuation qui en font le plus long texte étrusque connu dans le monde moderne. 

 

« Il s’agit très probablement d’un texte sacré. Il serait remarquable pour nous, historiens et archéologues, d’en apprendre davantage au sujet du système de croyances précoce d’une civilisation disparue. Cette découverte serait fondamentale pour déterminer l’origine de certaines traditions occidentales », a déclaré l’archéologue Gregory Warden, responsable de cette découverte, co-directeur et chercheur principal de la vallée de Mugello.

 

Il est vrai que la quasi-totalité des écritures préservées de la civilisation étrusque a été retrouvée dans des nécropoles réservées aux riches élites. Une grande partie du vocabulaire glané provient alors essentiellement de pierres tombales, couvertes de phrases toutes plus ou moins similaires et de louanges faites pour aux morts.

 

Cette nouvelle stèle pourrait donc révéler beaucoup de choses sur la religion étrusque, et éventuellement les noms du dieu ou déesse adorés dans le territoire.

 

Un peuple et une civilisation malgré tout encore méconnus

 

Ce peuple encore très mystérieux aujourd’hui vivait en Étrurie — territoire correspondant à peu près à l’actuelle Toscane et au nord du Latium, sur la côte ouest de l’Italie — depuis l’âge de fer.


Les historiens antiques et modernes ont toujours — et ont encore — eu du mal à déterminer l’origine de cette civilisation dont la vie quotidienne était empreinte de religiosité. La mythologie était chez les Étrusques, à l’image de la civilation romaine, une composante indissociable de leurs croyances. 

 

Même si de nombreuses parts d’ombre subsistent sur cette civilation, l’on sait aujourd’hui que la société étrusque était organisée. Sa vie politique et sociale était structurée en deux classes : esclaves et maîtres, où tous étaient dirigés par 12 rois dirigeant les 12 ville-états. Au sommet de la hiérarchie, on retrouvait le Lucumon, aidé par la classe oligarchique des maîtres, qui s'appuyaient sur les esclaves et les paysans. 

 

La civilisation étrusque a gouverné Rome et influencé les Romains dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse de celui de la religion, du gouvernement, de l’art ou encore de l’architecture.

 

Considérée comme l’un des peuples les plus religieux du monde antique, cette civilisation était réputée dans l’Antiquité pour ses palais somptueux, ses beaux-arts et sa musique. 

 

(via Ars Technica, Business Standard, Fox News)