Une réplique exacte de la Tapisserie de Bayeux en Angleterre

Marie Lebert - 06.10.2016

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En 1885, à l’époque victorienne, Elizabeth Wardle, brodeuse dans le Straffordshire et membre de la Leek Embroidery Society, voit des reproductions en couleur de la Tapisserie de Bayeux éditées par le South Kensington Museum (devenu ensuite le Victoria & Albert Museum) à Londres. Elle décide de (faire) réaliser une réplique exacte de la tapisserie pour que l’Angleterre dispose elle aussi de cette tapisserie.

 

 

 

Son époux Thomas Wardle, lui-même maître teinturier en soie à Leek, produit des laines proches des couleurs de la Tapisserie de Bayeux. Le chantier est lancé et dure un peu plus d’un an, après un voyage à Bayeux pour admirer la tapisserie originale. Sous l’égide d’Elizabeth Wardle, 35 brodeuses accomplies se mettent au travail. Les brodeuses de la Leek Embroidery Society bien sûr, mais aussi d’autres brodeuses venant du Derbyshire, de Birmingham, de Macclesfield et même de Londres. Chaque brodeuse signe la tapisserie en brodant son nom au verso de la toile.

 

La tapisserie réalisée est exposée pour la première fois en 1886 dans le Nicholson Institute de Leek. Elle voyage ensuite dans d’autres villes d’Angleterre, tout comme aux États-Unis et en Allemagne, pour terminer son voyage à Reading, ville du comté de Berkshire, à l’ouest de Londres.

 

Nouvelle-Zélande : la Tapisserie de Bayeux inspire une monumentale mosaïque 

 

Suite à une exposition organisée en 1895 à la mairie de Reading, la tapisserie est rachetée par Arthur Hill, ancien maire de Reading, avec l’accord enthousiaste de la Leek Embroidery Society. Arthur Hill offre ensuite la tapisserie au Reading Museum, le musée de Reading. La tapisserie est exposée en 1897 dans la nouvelle galerie d’art du musée avant de disposer de sa propre salle près de cent ans plus tard, en 1993.

 

Une salle spécifique est en effet aménagée pour que la tapisserie puisse être exposée dans son entier à longueur d’année, avec des explications complémentaires sur la conquête normande, tout comme des informations sur l’histoire des migrations saxonnes et des raids vikings dans la région de Reading lors des quatre siècles précédant cette conquête. 

 

Bayeux Tapestry

Hans Splinter, CC BY ND 2.0

 

 

Pourquoi Reading ? Il existe un lien entre la ville de Reading et la famille de Guillaume le Conquérant. Henri, le quatrième fils de Guillaume le Conquérant devient roi d’Angleterre à la mort de son neveu Guillaume II Rufus (fils de Robert, lui même défunt et premier fils de Guillaume le Conquérant) sous le nom de Henri Ier.

 

Or le fils d’Henri Ier traverse la Manche en 1120 sur un vaisseau dénommé Blanche Nef, qui sombre corps et biens, probablement la catastrophe la plus tragique de cette époque. Henri Ier aurait plus tard fondé l’abbaye de Reading suite à ce grand malheur. Lors de son décès en 1135, il est enterré à Reading devant l’autel principal de l’église abbatiale. 

 

La fin manquante de la Tapisserie de Bayeux recréée à Aurigny 

 

La tapisserie de Reading voyage régulièrement depuis 1928, en Angleterre et dans le monde entier, notamment en Afrique du Sud. Elle est exposée en octobre 1966 dans la Battle Abbey – une abbaye érigée à l’endroit même de la Bataille de Hastings — pour commémorer les 900 ans de cette illustre bataille (qui est le sujet principal de la tapisserie). Et cette tapisserie est de nouveau à l’honneur en octobre 2016 — mais cette fois à Reading — pour commémorer les 950 ans de cette même bataille, le 14 octobre exactement.

 

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