Une statue pour Terry Pratchett : ça servira aux pigeons exténués

Cécile Mazin - 09.02.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Terry Pratchett - statue hommage - Neil Gaiman


La mort de Terry Pratchett a bousculé les fans, convaincus que leur idole de romancier ne mourrait jamais. Après tout, si la gravité peut se mettre en grève dans le Disque-Monde, pourquoi pas La Mort. Les lecteurs, horrifiés à l’idée que le décès de l’écrivain britannique puisse n’être qu’une blague, en avaient déjà appelé à La Mort, lui demandant de leur rendre Terry. Manifestement, elle fait la sourde oreille... Qu'importe, on lui fera une statue, a décrété la foule en liesse.

 

 

 

Plus de 31.000 signatures pour réclamer la résurrection de Terry Pratchett, évidemment, cela n’était pas très sérieux. « Ça a une chance sur million, mais ça peut fonctionner », commentait l’un des signataires. Le trait d’humour aurait certainement plu à Pratchett. 

 

Et puis, autre fantaisie, voici que les scientifiques manifestaient leur volonté de voir l’élément 117, découvert en mai 2014 – un nouvel atome 40 % plus lourd que le plomb – soit baptisé octarine en hommage à Pratchett, encore.

 

Dernière en date, cette fois pour rendre à la mémoire de l’auteur la consécration que ses livres lui ont apportée : la statue. On plaide ainsi pour installer à Salisbury (ville du Wiltshire, plein ouest depuis Londres) une statue dédiée à l’icône nationale que fut le romancier. 70 livres, plus de 75 millions de ventes, et résident de Salisbury durant une vingtaine d’années – il avait même pris part au financement de l’hôpital. 

 

L’idée ne remonte pas à hier : en réalité elle fut lancée en septembre 2015, et en l’espace de deux semaines, des centaines de fans signèrent, joyeusement, le document. « Sir Terry a toujours dit qu’il voudrait bien être utile dans la mort, donc, une statue, dans le cas où un pigeon fatigué pourrait s’y arrêter et prendre un repos bien mérité, cela l’aurait amusé », expliquait un porte-parole de la famille.

 

Pourquoi ce regain d’intérêt ? C’est que le Conseil de la ville va discuter du projet, lequel a déjà reçu le soutien plein et total de Neil Gaiman, romancier proche de Pratchett : « Il aurait certainement lâché quelque chose de sarcastique à ce sujet, et aurait été secrètement très heureux. Et puis, il aurait découvert que tu peux cacher quelque chose à l’intérieur d’une statue, et aurait confié à tous ses amis que, dans quelques centaines d’années, les gens auraient une surprise... » On a même un premier visuel à se mettre sous la dent (juste au dessus)...

 

En 2007, Terry Pratchett s’était fait diagnostiquer une forme rare de maladie d’Alzheimer. « J’aurais tout de même aimé garder ça tranquille un petit moment encore », avait-il écrit, à l’époque. « Mais simplement pour ne pas que mes éditeurs restent dans l’ignorance, il m’a semblé qu’il serait injuste de ne pas annoncer la nouvelle. »