“Une vigilance constante” contre l'anglophonisation de la France

Nicolas Gary - 03.01.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - langue française apprentissage - anglais français usages - termes anglais France


Le français est peut-être parlé par plus de 300 millions de personnes sur les cinq continents, à travers 106 pays et territoires, mais il serait en recul dans l’Hexagone. Le français technique périt sous les coups de l’anglais, et ce par l’irresponsabilité affichée des grandes entreprises. Aux armes et au Bescherelle, citoyens !

Molière
Molière avec nous ! (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

La République tremble sous les assauts répétés des forces d’invasion linguistique anglosaxonnes : il ne suffit plus de devenir une start-up nation, il faudra bientôt le clamer. Le député Michel Larive (France insoumise - Ariège) avait ainsi interpellé le ministre de la Culture sur plusieurs points troublants, que relevait l’association Courriel.

Le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique lutte en effet contre l'anglophonisation de la France.
 

Une langue française malmenée


Par le menu, façon Prévert, cette dernière listait de multiples entorses : PSA et Renault qui font basculer leur documentation en anglais, ou encore la French Bank, service lancé par La Poste. De même l’apparition de In Annecy Moutains, pour désigner le Grand Annecy, jusqu’au OuiGo de la SNCF et sa variante, le InOui.

Dans le même temps, précisait-il, l’Éducation nationale impose l’enseignement en anglais de matières dès l’école primaire. Et ce, alors que l’article 2 de la constitution fixe le français comme langue de la République — ce que complétait la loi Toubon de 94 en soulignant que le français est la langue de l’enseignement. 
 
La rue de Valois est sensible à ces problématiques et assure d’une mobilisation « au quotidien pour garantir l’emploi de la langue française dans la vie économique, sociale et culturelle ». Et pour y parvenir, de multiples contrôles ont lieu, effectués tant par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le ministère du travail, le conseil supérieur de l’audiovisuel, que l’autorité de régulation professionnelle de la publicité. 
 

Les services de l'État sur le pied de guerre 


Et d’appeler à une « vigilance constante pour soutenir l’usage et la présence de la langue française face au risque d’uniformisation linguistique ». Lorsque le 20 mars dernier, le président Emmanuel Macron a lancé son plan Une ambition pour la langue française et du plurilinguisme, rappelle Franck Riester, c’est avec l’intention d’une exemplarité dans l’emploi de la langue.

De son côté, la DGLFLF (Délégation générale à la langue française et aux langues de France) s’attache à ce que les personnes publiques ou privées, avec des missions de service public, évitent le dépôt de marque en langue étrangère. 

Ainsi, la filiale de La Poste, Ma French Bank, devrait être rebaptisée. De même, la SNCF s’est vu interdire d’user de l’expression Work and station, pour les espaces connectés en région francilienne. 
Au niveau des collectivités locales, d’autres interventions ont cours : la Ville de Paris, pour sa candidature aux Jeux olympiques s’est fait remonter les bretelles pour avoir employé Made for sharing. De même, la DGLFLF, sur demande du ministre, a fait le ménage dans les désignations de services de mobilité parisiens — Moov’in Paris ou Free2Move. 

La capitale s’est pliée aux demandes, « soucieuse de favoriser le recours à des dénominations en français, dans le respect du principe de la liberté du commerce et de l’industrie et du droit de la propriété intellectuelle ». 
 

Enseigner l'anglais, dès le plus jeune âge


En revanche, pour ce qui touche à l’Éducation nationale, l’enseignement de l’anglais vise avant tout à renforcer les capacités linguistiques des jeunes pousses. Plus malléables à cet âge, elles afficheraient de plus grandes dispositions qu’à des périodes plus avancées de leur scolarité. Mais que l’on se rassure, « la langue française reste assurément celle des apprentissages dans les écoles de la République ».


Commentaires
Bravo la France !

Ravi de cet article, impensable en Belgique.

J'aime et écris et parle sans problème l'anglais, j'adore de nombreux artistes anglo-saxons vivants ou morts, je lis dans le texte de nombreux articles et livres anglais (des biographies) mais il est évident que l'anglais tend à phagocyter de plus en plus le français.

Et qu'on ne mette pas en avant cet argument fallacieux, captieux et spécieux trop répandu pour tout justifier:

«L'anglais a beaucoup emprunté au français !»

C'est vrai mais hors sujet.

Ici en Belgique d'innombrables titres de spectacles,des publicités,de nouvelles initiatives nées souvent en ligne, de nouveaux musées ou d'anciens carrément rebaptisés en anglais etc. utilisent systématiquement l'anglais et personne ou presque ne moufte...

Même pas du franglais: de l'anglais.

On appelle cela «ouverture», ce qui correspond à un déni pur et simple.

De l'autocolonisation langagière.

Le français remplacé par l'anglais sans raison, désolé mais ce n'est pas une ouverture mais du conformisme bêlant et rien d'autre.

Merci à la France et au Québec qui n'ont pas ce triste esprit de soumission même plus conscient de l'être !

Lire l'essai «Pardon My English» d'Hervé Bourges (éditions Karthala,2014) !

Happy New Year ?

Si vous y tenez mais surtout BONNE ANNÉE à vous qui lisez ceci!

CHRISTIAN NAUWELAERS
Je suis surpris que vous ne mentionniez pas ce qui envahit l'espace public sonore.

Les magasins ou restaurants les plus reculés du pays nous servent des gueulantes en anglais et nul ne dit mot. Doit-on en déduire que la chanson française soit en étiage ?

Quant aux slogans publicitaires en anglais que tout un chacun trimbale sur sa poitrine, ses chaussures voire même ses pantalons, c'est tout bonnement ridicule.
Bonjour,

Amoureux passionné de la langue française, je suis d'accord avec Gilbert C. pour ce qui est de l'anglais envahissant jusqu'à l'absurde de la publicité, et même des titres de spectacles, d'associations et de groupements quelconques notamment issus du monde numérique (totalement anglophile).

Pour sa remarque concernant les musiques qu'on nous déverse dans les oreilles partout, je suis plus circonspect...

La chanson française (ou plutôt variété hyper commerciale) médiocre ou insupportable, je n'ai aucune envie de la défendre.

Alors que de grands artistes anglo-saxons tirent la planète vers le haut !

Franchement je préfère Elvis, Jerry Lee Lewis, Ray Charles, Little Richard ou Amy Winehouse -et des myriades d'autres- aux Eddy de Pretto ou Angèle ou Juliette Armanet et autres -tant de mièvrerie - devant qui on déroule un tapis rouge ridicule...

Mais s'il s'agit de Guy Marchand, Nougaro, Gainsbourg (etc.etc.) ou maintenant la sensationnelle Jil Caplan avec son groupe de cadors dont le virtuose Romane à la guitare, alors vive la chanson française !

Et hélas outre de l'insignifiance d'ici on nous inflige surtout de la soupe anglo-saxonne fabriquée au kilomètre de façon industrielle et déshumanisée -à la déchetterie en ce qui me concerne.

Bien entendu tout cela est une question de goûts...!

Un tri drastique est nécessaire, vive l'écologie musicale et la vraie Musique bio et l'art véritable à l'opposé de la culture pop mondialisée !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.