Universités : des classes prépas... pour détourner l'attention ?

Clément Solym - 20.01.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - classes - prépas - université


Pour Valérie Pécresse, déjà l'an passé, les classes prépas représentaient le modèle de réussite sine qua non pour un avenir meilleur. « Ce sont des cursus d'excellence, nous devons en améliorer les débouchés », précisait en effet la ministre.

Et histoire de voir les cursus d'excellence proliférer comme des petits pains, les universités pourraient en ouvrir. « Des classes préparatoires aux grandes écoles vont être créées dans des universités dès la rentrée prochaine », affirmait-elle dimanche dans le JDD, sans ajouter de détails ni d'explication sur leur mise en place.

On ne porte pas atteinte aux prépas des lycées

Et de rassurer sur le champ : « On ne porte pas atteinte aux prépas des lycées, mais nous voulons permettre à des élèves de se former à la fois à l'université puis dans des grandes écoles ». De fait, il est primordial de permettre aux étudiants de « pouvoir passer d’un système à l’autre. L’ultra sélection à 18 ans est l’une des failles de notre système. Il faut permettre les rattrapages, les parcours mixtes ». C'est-à-dire, des universités aux grandes écoles et inversement.

VousNousIls porte un regard assez détaillé sur les intentions et les objectifs qui seront à mettre en place. L'université pourrait ainsi « mener à des formations de type bac +3, avec une sélection progressive et des modules de préparation au concours ». De même, ces classes plus souples favoriseront la création de liens avec la recherche.

La toute première expérimentation sera dès lors ouverte aux bacheliers de STG, à l'université de Bretagne-Sud, et « sera exclusivement une prépa en sciences économiques option technologies ». Une vingtaine d'inscrits est attendue.

Pendant ce temps, au PS...

Une idée que le Parti socialiste ne voit que comme une tentative « de détourner l’attention en annonçant » cette création, alors que la communauté universitaire proteste. « La déclaration de Valérie Pécresse est en complète contradiction avec sa politique réelle, qui est de laisser les universités dans la misère, malgré les grands discours sur des moyens nouveaux qu’on ne voit pas arrivés », commente le PS.