USA : paroles d'experts sur la transition numérique en milieu scolaire

Julien Helmlinger - 10.09.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Scolarité - Lecture numérique - Nouvelles technologies


D'après les résultats d'un sondage mené cette année auprès des abonnés au School Library Journal, 26 % d'entre eux admettraient utiliser des manuels scolaires et autres livres numériques tandis qu'ils seraient 11 % à en projeter l'adoption future. Une augmentation de 16 % par rapport à l'an passée ; les Américains de plus de 15 ans seraient désormais 23 % à avoir adopté l'ebook. La publication spécialisée a approfondi son enquête, sur la transition numérique en milieu scolaire, auprès d'experts oeuvrant au sein d'écoles de la banlieue de Chicago.

 

 

Flickr : (cc by 2.0)

 

 

L'occasion d'en savoir plus sur l'état d'esprit des experts, universitaires et professeurs, notamment quant au matériel préféré des établissements ou encore aux habitudes de lecture numérique des élèves. Dans les écoles concernées, l'adoption est un succès, qui aura permis de décomplexer certains élèves et de décupler ainsi le nombre d'emprunts de documents enregistré au sein de leurs bibliothèques.

 

Une transition progressive

 

Eric Twadell , surintendant à Stevenson , a donné des iPads à environ 15 % de ses 4000 étudiants au cours de l'année scolaire 2012-2013 . Il entend faire passer ce nombre à 55 % l'année suivante, pour atteindre 100 % en 2014-2015. Une solution non seulement économique, pour certains, mais également importante dans le sens où les jeunes doivent être formés à l'utilisation des technologies. Comme il l'exprime : « Il est important pour nous de rencontrer les enfants là où ils sont, et maintenant, ils sont en ligne. »

 

L'approche est similaire dans l'établissement de New Trier, on privilégie une adoption par phases successives ainsi que l'iPad comme outil, qui présente un large choix d'applications. Ainsi, souligne  Lodge McCammon, directeur de projet au Friday Institute for Educational Innovation de Caroline du Nord, une migration réussie se produit quand : « Les usagers ont un plan pour savoir quoi faire avec ces nouveaux outils ».

 

À l'unanimité, les experts préconisent dans un premier temps une adoption à échelle réduite, éventuellement une phase test à l'échelle d'une salle de classe fixement dédiée au numérique, une vérification des résultats obtenus sur la communauté, avant de passer au palier suivant. Mais généralement l'accueil réservé au numérique est positif. Les élèves seraient plus à même de retenir des leçons apprises par le biais d'un outil interactif.  Une méthode qui aurait du succès auprès des publics récalcitrants à la lecture.

 

Mais il s'agit ensuite de stimuler l'intérêt des élèves en faveur de la mise à profit des contenus pédagogiques numériques. Certains bibliothécaires scolaires ont ainsi imaginé la mise en place d'une application du mois, ou de suggestions d'applications en fonction d'exercices spécifiques, communiqués à renfort de tweets ou d'emails, de partages via GoodNotes, Pages, myHomework, Educreations, Notepad, iHomework, Real Sticky, Dropbox, ou Evernote...

 

Quelques freins à l'adoption

 

Au rang des principaux freins à l'adoption numérique, Lisa Dettling , responsable bibliothécaire à Stevenson, mentionne la question du prix élevé du matériel. Rappelant notamment qu'il ne fallait pas oublier les frais inhérents en matière de réparation, d'entretien et autres coûts d'éventuelles assistances techniques.

 

Il est en conséquence conseillé de prendre une assurance sur ses appareils, en cas de perte, casse ou vol, et de les attitrer à un seul élève fixe en fonction des numéros de série des tablettes.

 

Il y a également la question de l'équipement informatique des établissements, en termes de réseau Wi-Fi et de capacité de connexions massives et simultanées de milliers d'élèves. Par ailleurs, certains pourraient ne pas bénéficier d'internet depuis leur domicile. Or il s'agit d'éviter les risques de bugs comme garantir l'égalité des chances en cours d'apprentissage.

 

Avec des attentes, du personnel enseignant comme des élèves, qui se porteraient naturellement vers ces grandes questions que sont la disponibilité des titres , l'accessibilité , le coût et la qualité. Et l'on sait que toutes les bibliothèques restent confrontées à la difficulté de se constituer un large catalogue numérique, notamment en raison de l'importance des frais d'acquisitions. 

  

Via The DigitalShift.