Vie estudiantine plus chère, une véritable paupérisation

Clément Solym - 17.09.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Unef - La Fage - Duflot


La rentrée universitaire coûte plus cher en 2012, avec une hausse de 3,7 %, du coût de la vie pour les étudiants, soulignée par l'Unef en août dernier dans son enquête annuelle (voir notre actualitté) et la Fage. Les deux premières organisations étudiantes du pays attendent de pied ferme l'allocation d'études promise pendant la présidentielle, la construction de logements, et l'aide globale d'indépendance, comme le rapporte l'AFP. 

 

 

 Students

Ervega, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Une majorité de 2,38 millions d'étudiants 58,5 % rejoindront les bancs de la fac, 4,9 % un IUT, 11 % un STS, 3,4 % de grandes écoles, et 22 % dans d'autres établissements post-bac d'après le ministère de l'Enseignement supérieur, « C'est une rentrée classique, avec beaucoup d'attente » d'après Philippe Loup, président de la Fage, seconde organisation étudiante en France. Mais « pour la majorité des étudiants, c'est une rentrée plus difficile en matière de conditions de vie. La crise touche tout le monde, et les étudiants en particulier », d'après Emmanuel Zemmour, le président de l'Unef (première organisation). Il avait avait notamment commenté un rapport sur les frais d'inscriptions illégales dans les universités françaises (voir notre actualitté).

 

Les trois quarts des étudiants exercent une activité salariée pour financer leurs études, un frein à leur réussite académique. En cause, la hausse des loyers, mais aussi l'augmentation de 2 % des dépenses obligatoires (frais d'inscription à l'université, cotisation à la Sécurité sociale prix du ticket restaurant universitaire). L'explosion du coût des loyers dans le parc locatif privé représente une hausse de 10,8 % à Paris et de 2,3% en province. Sans compter la flambée des prix des produits de première nécessité avec une hausse de 3,2 % pour les denrées alimentaires et de 4% pour les vêtements. L'Unef s'inquiète et parle d'une " paupérisation " des étudiants.

 

Car ce mois-ci, un étudiant doit débourser en moyenne 2,434,33 euros, soit 2,6 % de plus qu'en septembre 2011 et  50 % de plus qu'il y a dix ans, d'après les calculs de la Fage. Les bourses dont profitent 20 % des étudiants devraient donc être revalorisées de 2,1 % et le gouvernement a annoncé de débloquer 150 millions d'euros pour le versement du10e mois, ajouté l'année dernière par la droite, mais non budgété cette année. 

 

Esprit d'équipe entre le ministère du Logement et l'enseignement supérieur 

 

François Hollande s'est engagé à remettre à plat les aides existantes pour créer une allocation d'études supérieures, sous condition de ressources. Les négociations s'ouvriront après les élections au Crous qui auront lieu en novembre prochain.

 

« Il y a des points positifs, on attend beaucoup sur le logement » a-t-il dit, « En région parisienne, pour certains étudiants » le logement « peut atteindre 50 % de leur budget », a précisé la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. Ce à quoi la ministre du Logement Cécile Duflot a réagit « Nous avons identifié, dans les 150 000 logements sociaux que le gouvernement veut construire chaque année 6 000 à 10 000 logements qui seront destinés aux étudiants " a-t-elle précisé. Ajoutant différents dispositifs « On devrait peut-être même dépasser les 40 000 logements étudiants dans les 5 ans. »

 

Au-delà des conditions de vie, la ministre veut « rendre l'université désirable, elle est d'une immense qualité, mais il faut la rendre plus lisible, la simplifier », a-t-elle expliqué en faisant référence aux milliers d'intitulés de licence et de mastères. « La confiance dans l'université est totale dans le cycle master. Le problème, c'est le premier cycle » relève-t-elle jugeant que le Plan Réussite en licence lancé sous la droite n'a servi à rien. Mme Fioraso a donc lancé cet été des Assises de l'Enseignement supérieur et compte ensuite corriger la loi LRU de 2007 sur l'autonomie des universités.

 

C'est que 19 d'entre elles ont accusé un déficit en 2011. La Fage réclame donc la mise en place d'une Aide globale d'indépendance (AGI), regroupant les bourses sur critères sociaux et les aides au logement. Elle serait octroyée sous conditions de ressources et en fonction des revenus propres de l'étudiant lorsqu'il est en rupture familiale. Cette aide, financée essentiellement par la suppression de la demi-part fiscale, « permettra également de répondre aux difficultés financières des étudiants issus des classes moyennes, oubliés par le système actuel », d'après l'organisation.