Volée, une Bible de Genève datée de 1615 est retrouvée aux Pays-Bas

Clément Solym - 30.04.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Bible Genève volée - manuscrits recel - Bible culotte pélerins


Dérobée avec 300 autres objets de la Salle Oliver de la Carnegie Library, dans les années 90, une Bible de Genève vient d’être retrouvée. C’est un ancien archiviste de l’établissement, associé à un libraire de livres rares, qui sont accusés d’avoir dérobé pour plus de 8 millions $ de documents.


 

« C’est une bonne journée pour la ville de Pittsburgh. Comme vous le savez, en 2017, des livres, atlas, cartes et autres objets rares ont été découverts dans la bibliothèque Carnegie de Pittsburgh. L’un de ces documents était la Bible de Genève », explique Robert Jones, agent du FBI.
 

Deux complices au manège bien rodés


Selon les autorités, Gregory Priore, âgé de 62 ans, et responsable de la salle des livres rares, est à l’origine de ces vols. Livres, rares, cartes, donc, mais également estampes, furent alors dérobés et remis au copropriétaire de Caliban Book Shop, John Schulman, âgé de 55 ans, pour les revendre. Et ainsi, ils furent dispersés un peu partout dans le monde.

Détail cocasse, le revendeur apparaissait régulièrement dans une émission de téléréalité, Antiques Roadshow, en tant qu’expert en ouvrages anciens…

La Bible en question affiche tout de même 404 ans, et a été récupérée aux Pays-Bas. L’ouvrage était surnommé Breeches Bible, ou Bible des culottes : les pèlerins qui avaient navigué à bord du Mayflower l’avaient emportée avec eux, lors de leur voyage vers le Massachusetts, en 1620. 
 

La Bible des culottes


Elle doit son surnom à cette étrange traduction qu’elle fournit de la Genèse 3:7 : lorsqu’Adam et Ève prennent conscience de leur nudité, ils inventent alors la première industrie textile. Il est ainsi traduit : « Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. »

En effet, dans la traduction de la Bible du roi James, le terme tablier est préféré à celui de culotte.
 
Dans les années 90, le Musée des migrants américains de Leiden l’acheta au receleur peu consciencieux. L’établissement, dédié aux réfugiés qui avaient fui l’Angleterre du fait des persécutions religieuses, s’est aperçu l’an passé que la Bible était en réalité volée. 

« Après qu’on les a identifiés comme volés, les officiers du Leiden Museum, ainsi que le bureau du procureur, ici à Pittsburgh, le FBI avec les Pays-Bas, ont organisé le retour de la Bible », poursuit l’agent.

La ville aura déboursé près de 12 000 $ pour récupérer l’œuvre, rachetée au musée des Pays-Bas. Le FBI souligne par ailleurs qu’en soi, le manuscrit n’est ni rare ni spécialement cher, mais d’un point de vue historique, reste considérable. Et qu’elle soit enfin rendue à la bibliothèque Carnegie n’a pas de prix. 
 



« Cette Bible est plus qu’une preuve dans cette affaire. C’est un artefact inestimable ayant une signification religieuse pour des personnes de confessions différentes », conclut l’agent Jones. 


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