Xavier Darcos commente le plan Espoirs Banlieues

Clément Solym - 14.02.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Plan - Espoir - Banlieue


Depuis Jacques Barrot, en 1977, chaque gouvernement s'y plie, c'est un peu les voeux de bonne année, mais en plus urticant, et sans les étrennes. Les « plans banlieues » se suivent et se ressemblent-ils ? Celui de Fadela Amara, a du moins le double tranchant d'un nom peu commun : « Espoir-Banlieue ». Quand cette dernière se dit « hypercontente, très sereine », et que Laurent Fabius a « peur que ça fasse pschitt ! », il faut encore mettre son nez dans les discours pour en sortir la substantifique moelle.

Et tout particulièrement sur le volet Éducation de cette histoire.

« L'école ne peut rien si la société tout entière, celle des banlieues et celle des centres-villes, n'est pas fermement décidée à lutter contre les injustices sociales, les discriminations, l'inégalité des chances », admet M. Darcos. Et de réclamer une pédagogie adaptée, dont on pourrait redouter qu'elle s'oriente vers des solutions de ghettoïsation, comme on l'avait aperçu au Québec. En listant huit difficultés majeures, le ministre établit donc un inventaire, pas franchement à la Prévert de ce qui nous attend.

Des élèves aux élèves

Tout d'abord « les orphelins de 16 heures », expression chère au président. Grâce à un accompagnement scolaire pour la rentrée 2008 (2 heures après les cours, 4 jours par semaine) dans les écoles primaires d'éducation prioritaire, ils ne seront plus délaissés. « La mission de l'école ne s'arrête pas après les cours, mais lorsque les leçons sont apprises et comprises ! »

Ensuite vient l'homogénéité des écoles. Un peu flou, ce point cherche à accentuer la cohésion sociale en favorisant la rencontre et la découverte d'autres lieux, en redirigeant des élèves vers d'autres établissements (50 sites sont concernés).

Les établissements sinistres ou sinistrés ?

Les ghettos ne manquent pas à l'appel. Il s'ensuivra une fermeture des établissements dégradés, et qui ont « mauvaise réputation ». Destruction et reconstruction, donc, après identification de ces lieux invivables.

Il faudra ensuite renouer avec la réussite en sachant mieux intégrer des élèves d'horizons divers. Un fonds spécifique fera ouvrir des classes, avec une pédagogie et un encadrement qui mettront en valeur les savoir-faire. Et en découleront des internats d'excellence.

Rechercher et permettre l'excellence

Ces dortoirs compenseront l'impossibilité de travailler chez soi, pour certains élèves. En doublant dans un premier temps la capacité d'accueil, pour parvenir à 4.000 places sur cinq ans, ce projet en partenariat avec les collectivités locales (décentralisation oblige) sera menée par Monique Sassier, inspectrice générale de l'administration de l'Éducation nationale (IGAENR), qui en deviendra la garante.

Mais l'excellence ne vient pas seulement de l'hébergement. Elle passe aussi par les établissements qui la valorisent. Ainsi, 30 lycées dits d'excellence seront érigés dans les quartiers difficiles, en fonction de trois pôles :
  • International, tourné vers l'apprentissage des langues,
  • Artistique et culturel, qui fait suite au désir d'enseignement des arts,
  • Métiers, qui portera l'accent sur... la professionnalisation.
Orientation et avenir

Or, face à ces avancées, une barrière de taille se dresse : l'autocensure. Les élèves hésiteraient à présenter leur dossier, et selon la volonté du Président, 5 % des élèves les plus méritants se verront automatiquement proposer l'orientation vers les classes préparatoires des grandes écoles.

Enfin, il conviendra d'ouvrir l'horizon des élèves, en permettant d'accéder plus aisément à des stages. Un, se développera une banque de stage, qui mutualisera les offres, deux, charge à l'Éducation nationale (?) de développer des partenariats les plus larges possibles...