Xavier Darcos s’engage dans la réforme du lycée

Clément Solym - 12.05.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Xavier - Darcos - réforme


La réforme du lycée : on en parle depuis longtemps, mais on tergiverse aussi à n’en plus finir à son propos. L’équipe de l’actuel ministre de l’Education nationale a des ambitions qu’elle affiche au compte-gouttes pour une réforme qui devrait entrer en vigueur dès la rentrée 2009.

Quelle réforme pour le lycée ?

A l’occasion d’une rencontre avec les syndicats lycéens, Xavier Darcos a lancé quelques pistes sur le futur du lycée. On s’orienterait vers un « lycée à la carte ». L’accent serait mis sur la « modularité des enseignements ». Le lycée, dans son fonctionnement, se rapprocherait d’une logique universitaire.

Les emplois du temps devraient alterner les cours et des « moments d'étude ». Et il propose surtout d' « offrir systématiquement du soutien à ceux qui en ont besoin ». Il envisage aussi de « remplacer le redoublement par des enseignements complémentaires ». Ce point en particulier permettrait de faire des économies remarquables de postes. On retrouve là une idée chère à Nicolas Sarkozy : ce sont les réformes qui permettront les réductions de postes.

Le chemin de la réforme :

Xavier Darcos prévoit de nommer « au plus tard le 10 juillet » une personnalité « issue de la maison », et pas forcément de droite, dont la mission sera de mener à bien la réforme du lycée, pour application à la rentrée 2009. Le baccalauréat ne sera pas attaqué dans sa forme actuelle. Mais des « évolutions internes » seront cependant possibles. Le but sera aussi de rééquilibrer les filières générales. Elle intègrera aussi les résultats de la commission Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant.

Des lycéens acteurs de leur formation :

Lors de sa rencontre avec les syndicats lycéens, le ministre a annoncé la mise en place « à titre expérimental », dès la rentrée 2008, d'un dispositif de « réussite scolaire au lycée » dans les 200 établissements rencontrant les plus grandes difficultés scolaires. Concentrée sur les actions de soutien aux élèves, cette initiative n'en sera pas moins une vitrine de la future réforme. Le ministre veut également « permettre une plus grande autonomie des lycéens, s'appuyant sur un enseignement plus personnalisé et préparant mieux à l'enseignement supérieur ».

La réforme « intégrera la mise en place du service public d'orientation » et « s'intéressera également à la place du lycéen dans le fonctionnement de l'établissement ». M. Darcos voit « une continuité » avec les travaux déjà menés, en 1996 par Roger Fauroux à l'occasion de son rapport sur l'école, puis en 1998 par Philippe Meirieu. Même si cette « continuité » est dénoncée en même temps par certains membres de l’UMP.