23e édition des Victoires de la Musique

Clément Solym - 09.03.2008

Reportage - Voctoires - Musique - 23e


« De la musique avant toute chose, affirmait Verlaine, et le reste n'est que littérature. » Et justement, hier soir, les musiques était à l'honneur au Zenith à l'occasion de leurs 23e Victoires. Remercions d'avance Orange, en la personne délicieuse de Blandine, qui nous a conviés à la cérémonie, le conjoint étant compris dans le forfait. Quoique la visite annoncée des coulisses fut brève, on y aura appris qu'Orange assurait une couverture de l'événement en live et en vidéo, sur internet, et en différé, lundi sur la chaîne dédiée.

Dans la salle, le public s'installe progressivement, tandis que Nagui, cordes vocales éraillées, lance ses recommandations de maître de cérémonie. Outre les chanteurs, on accueille du beau monde : Mme Albanel, M. de Cariolis, Jack Lang... Non loin de nous, justement, débarque Olivia Ruiz, qui déclenche la salve de flashs des paparazzis. Enfin, Olivia... de là où l'on se trouve, ce pourrait tout aussi bien être Jane Birkin ou Monica Sanchez. Sauf qu'on se demanderait pourquoi elle déclenche l'hystérie des photographes. Le chauffeur de salle tente de nous « éduquer pour des choses précises », Nagui discute avec Yannick Noah... bref, on se prépare.

 

Et le lancement du show par les Blue man group, en concert au Palais des Sports de Paris, le 20 mai prochain, embrase littéralement la salle. De grands malades au sens du spectacle suraigu, à voir clairement ! Zazie leur succède, la grande laissée pour compte de la cérémonie : cinq fois nommée, et repartant bredouille de la salle. Un sort qu'elle partagera avec Diam's, qui en dépit de sa prestation et de l'ovation que lui réserve le public, ne sera pas non plus primée. Pour ce qui est du passage de Noah, en revanche, on se serait cru dans une manifestation communiste !

Entre temps, on a primé le meilleur vidéo clip, ainsi que le DVD musical : Patrick Daughters, pour 1, 2, 3, 4, de Feist et Jean-louis Cap pour Le soldat rose. Notons à ce moment que des remettants interviennent pour seconder Nagui et sa voix moribonde : leurs commentaires démontreront au fil de la soirée que la grève des scénaristes d'Hollywood a eu de graves répercussions en France... Vient ensuite une dénommée Koxie, dont « le nom vaut 23 points au scrabble », précise l'animateur. Un sourire crispé me paralyse le visage : le génie de cette soirée est aussi de mettre des visages sur des voix qui vous polluent les ondes radio. « Garçon, si t'enlève la cédille ça fait gars con... » Bon, je sais, les goûts et les couleurs, mais là, tout de même.



Meilleure musique de film, Éric Serra, pour Arthur et les minimoys, juste avant Renan Luce qui est venu chanter La lettre, puis Vincent Delerme et Vanessa Paradis, la soirée s'enchaîne avec un minimum de temps mort. Mais depuis le début, une grande énigme vient de se résoudre, et que l'on ne peut saisir qu'en assistant au show : comment justement font-ils pour aller aussi vite ? Très simple, une simple histoire de cadrage. Pendant que la télé vous diffuse les images d'un coin de la scène, de l'autre côté, s'agite une dizaine de personnes que vous ne verrez jamais, ou presque. Juste avec un peu d'astuce, on ne vous montre clairement pas tout...

Juste après Thomas Dutronc, qui repartira aussi les poches vides, intervient un premier hommage rendu à Henri Salvadore : devant sa veuve, Vanessa Paradis interprète Syracuse. Émouvant. Par la suite, deux autres artistes seront l'objet d'une telle attention : Carlos, dont Édouard Baer et Julien Doré reprendront le Papayou, puis Fred Chichin dont 14 guitaristes reprendront dans un pot-pourri les titres à succès des Rita Mitsuko.



On n'oubliera pas le passage de Renan Luce. Enfin, ses deux passages : l'un pour la révélation Album, l'autre pour la révélation scène. On lui aurait presque proposé de poser sa tente sur la scène, tant il aura été nommé. Mais ce ne serait que pure méchanceté de ma part : Renan, je t'aime, appelle-moi. Vanessa Paradis aurait aussi pu s'installer une tente sur la scène, pour ne pas faire d'inutiles aller-retour. Fluette et discrète, elle aura remporté les victoires de l'album de chanson variété et pour l'artiste féminine.