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Avec Amorissimo, Beauvais devient la capitale de l’amour

La rédaction - 16.02.2017

Reportage - Festival Amorissimo Beauvais - Beauvais capitale amour - manifestation littérature


En février, le réseau des médiathèques du Beauvaisis organise le 4e festival Amorissimo. Deux semaines d’événements littéraires autour de l’amour. Un thème grand public pour faire des mots un outil de développement culturel dans une ville déjà en ligne de mire pour un autre festival, centré lui sur l’image. Ça palpite au cœur de l’Oise !

 

 

 

On cherche en vain une figure locale romantique, une venelle propice aux amours cachées, un bas-relief évocateur dans la cathédrale. Jeanne Hachette, valeureuse héroïne beauvaisienne, aurait-elle été une grande amoureuse ? Peine perdue. Amorimisso, c’est plutôt les hasards du calendrier. Après six mois de travaux, la médiathèque de Beauvais rouvre ses portes en janvier 2013.

 

Son directeur Olivier Ploux et Manon Louche, chargée de l’action culturelle, planchent alors sur l’idée d’un événement qui mettrait un coup de projecteur sur leur équipement rénové. On est à quelques semaines de la Saint-Valentin et le thème de l’amour sort du chapeau. L’année suivante, en février, le premier festival Amorissimo est lancé dans le réseau des médiathèques de la communauté d’agglomération du Beauvaisis : celle du centre-ville, trois médiathèques de quartier et celle de Milly-sur-Thérain.

 

Un festival, et non un salon littéraire. « On a voulu un événement vivant et un thème fédérateur, rassemblant les publics de tous âges et tous horizons », explique Émilie Payen, la jeune responsable du réseau médiathèques qui a repris le flambeau.


Curieusement, s’il y a bien un festival du film d’amour, on ne trouve pas d’événement littéraire autour de ce thème. Il n’en a pas fallu plus pour que Beauvais s’érige en capitale de l’amour. Encore que, pour l’heure, les ambitions soient modestes. Une vingtaine d’événements sur deux semaines. Et surtout la volonté affichée de sortir des murs des médiathèques. Pour aller à la rencontre des publics dans la ville. Et mutualiser les moyens. Cela donne par exemple une déclamation de billets doux par des artistes dans les transports publics.

 

Un cours de cuisine aphrodisiaque à la MJA ou des soirées lectures un peu lestes dans un lieu culturel, la Maladrerie Saint-Lazare. Les médiathèques proposent elles des rencontres littéraires, comme cette année avec le sociologue Jean-Claude Kaufmann, auteur d’un ouvrage sur la Saint-Valentin, des ateliers pour les enfants et des jeux concours : imaginer une histoire d’amour, inventer une expression amoureuse...

 

Croiser les arts

 

Toutes manifestations confondues, Amorissimo attire 1 500 personnes. Un chiffre à mettre en regard d’un bassin de population de 80 000 habitants et des 220 000 visiteurs annuels du réseau de médiathèques. Le festival, dont le budget s’élève à 40 000 €, est soutenu entre autres par la Région, le Département, la Ville et l’Agglo. « On a brodé autour d’un thème sous-utilisé, justifie Arnaud de Sainte-Marie, adjoint au maire en charge de la culture. Et le 14 février, c’est calme au niveau culturel. »

 

Pour l’élu, Amorissimo est une bonne opération. « Quand on suit l’actualité culturelle, il faut être opportuniste. Beaucoup de festivals sont contraints de mettre la clé sous la porte. On a réussi à maintenir le nôtre. De plus, dans les affaires culturelles, on se retrouve souvent sectorisé : cirque, théâtre, arts plastiques... Amorissimo permet de croiser l’ensemble des arts, tout en gardant une proximité avec l’écrit. »

 

L’agglo, forte de ses compétences « lecture publique » et « équipements culturels », regarde avec intérêt et soutient dans la mesure de ses moyens toute initiative autour du livre. « On retrouve de l’air avec l’ouverture de librairies à Beauvais, confirme Arnaud de Sainte-Marie. La Fnac il y a deux ans, puis le Furet du Nord, et deux librairies indépendantes, LM lire, et récemment La Marelle (lire p. 56). Nous suivons aussi avec intérêt les Journées du Livre au lycée Félix Faure, organisées à l’initiative d’auteurs. »

 

 

 

Autre motif de satisfaction pour la Ville : le festival est porté par les agents dans les médiathèques. « Les agents sont moteurs, se réjouit l’élu. On le constate aussi lors de l’opération Top Bac. » Afin de permettre aux lycées de réviser dans les meilleures conditions, le réseau de médiathèques propose depuis trois ans des horaires d’ouverture élargis et un accueil privilégié. « En régie directe, il y a une énergie positive. On doit être des agitateurs, voire des déclencheurs », poursuit Arnaud de Sainte-Marie. Dans la limite des heures des agents...

 

Un festival a-t-il de meilleures chances de se développer quand il est porté par une collectivité publique et/ou par un organisme privé type association ? Beauvais a matière à réflexion puisqu’elle accueille depuis une dizaine d’années l’un des plus grands festivals de photos en France, les Photaumnales, organisés par l’association Diaphane, créée en 1991 par le photographe Fred Boucher.

 

Celui-ci a depuis été rejoint par une autre photographe, Adriana Wattel, et ils co-dirigent ce qui est devenu le Pôle photographique de Picardie. La dernière édition des Photaumnales a eu lieu en novembre dernier autour du thème « Love story ». Aucun lien avec Amorissimo, précisent les organisateurs, tandis que le festival littéraire lance cette année un concours photo. On aurait pu imaginer le début d’un flirt entre ces deux-là. Mais l’amour, c’est compliqué...

 

Marie-Laure Fréchet

Amorissimo

du 26 janvier au 14 février 2017,
à Beauvais. 

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais