Coulisses d'un tournage en Sorbonne : décoration et accessoires

Association Effervescence - 18.03.2014

Reportage - Association effervescence - cinématographie - Sorbonne


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine Caroline, étudiante de l'option Audiovisuel, nous raconte son rôle de décoratrice dans la réalisation du court-métrage de la promotion 2013/2014 : L'État d'urgence. 

 

Avant de lire le témoignage de Caroline, un bref rappel du scénario en question. Basé sur l'uchronie, thème commun aux deux options de la promotion 2013/2014, le court-métrage imagine une issue différente aux émeutes de 2005. Pour (re)lire l'interview des deux co-scénaristes, c'est ici !

 

 

« Avec Noémie, j'étais responsable de la décoration et des accessoires, comme nous l'avions chacune souhaité. Durant la phase de préparation du tournage, nous avons travaillé en plusieurs étapes. En relisant attentivement le scénario de Jeanne et Nicolas, nous avons tout d'abord listé tous les éléments de décors extérieurs, en les divisant en « décors » (par exemple : l'appartement de Hakim, le personnage principal du film) et « sous-décors » (chambre du protagoniste).

 

Première étape : repérer les lieux

 

À partir de là, nous étions prêtes pour les repérages. L'histoire se déroule essentiellement en Sorbonne, nous avons donc exploré l'université autant que possible, accompagnées du réalisateur (Nicolas), des trois assistants réalisateurs (Jeanne, François et Natacha) et de la scripte (Anna). À cette occasion, nous nous sommes rendu compte de l'immensité du lieu, nous avons découvert des endroits (ainsi que des passages) que nous ne soupçonnions absolument pas, comme la très belle bibliothèque Lavisse, par exemple. Nous avons relativement vite trouvé ce qu'il nous fallait. Le reste (autorisation de tournage, disponibilités des salles), ce fut l'affaire de la régie (Mathilde). Nous avons dû d'ailleurs revoir certains endroits pour cause de non disponibilité au moment du tournage.

 

 

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van Ort, CC BY SA 2.0

 

 

Pour les autres décors, il fallait non seulement qu'ils soient en accord avec la vision du réalisateur, mais également suffisamment proches les uns des autres et faciles d'accès pour éviter de perdre du temps (et de l'argent) en déplacements lors du tournage. Par exemple, pour avoir des images de banlieue, nous sommes allés à Olympiades, qui se situe relativement près à la fois de la Sorbonne et de l'appartement de Jeanne. C'est en effet son appartement qui a été utilisé, car il était suffisamment grand pour nous servir de double décor : à la fois pour la chambre de Hakim et pour la chambre d'Ava, le deuxième personnage principal.

 

Les petits détails des sous-décors 

 

La partie la plus créative de notre travail est survenue lorsque nous nous sommes attaquées aux décors intérieurs, c'est-à-dire à ce que contient chaque sous-décor. Ainsi, pour la chambre de Hakim nous avons installé un poster du film Notorious B.I.G. (biopic sur la vie du rappeur américain du même nom, ndlr), une chaîne hi-fi, une housse de couette de couleur sombre, entre autres choses.

 

En nous fondant, encore une fois, sur les indications de Nicolas, il fallait notamment imaginer, nourrir et enrichir les différents univers des personnages principaux, afin de les matérialiser de la manière la plus juste possible. En l'occurrence, il s'agissait de ne pas tomber dans le cliché tout en sachant que les lieux communs ne sont pas totalement infondés.

 

C'était plutôt sympa d'aller dénicher tout le matériel. Là encore, nous avions une contrainte : la production (Alice) nous avait alloué un budget à ne pas dépasser. Toutefois, on a souvent obtenu des réductions. Les commerçants et autres contacts, dont un accessoiriste, que nous avaient donnés Franck Heslon (assistant réalisateur, réalisateur et intervenant pour l'option Audiovisuel du master, ndlr) chez qui nous nous sommes rendus étaient plutôt sensibles au fait que nous étions étudiants et que, par conséquent, nous faisions un court-métrage avec a priori peu de moyens. 

 

Sur le tournage

 

Notre utilité en tant que chefs décorateurs-accessoiristes était beaucoup plus limitée, puisque tout était en place ou à portée de main. Il fallait juste être disponible pour installer, déplacer ou arranger quelques éléments.

 

Nous avons passé beaucoup de temps à bloquer le passage dans la Sorbonne afin que personne n'entre dans le champ de la caméra – autrement dit à se faire incendier. Ah, et personnellement j'ai fait aussi un peu de figuration, ce que j'ai plutôt bien aimé (je jouais une étudiante de banlieue rebelle…). 

 

Bilan de cette expérience cinématographique ?

 

Ce que j'ai surtout apprécié, c'est qu'on était tous assez solidaires, qu'on a globalement fait preuve de bon sens – c'est-à-dire travaillé dans le sens du film ! – et que nous étions bien encadrés, par Franck Heslon (dont l'investissement a été remarquable) mais aussi par des étudiants issus de l'École nationale supérieure Louis Lumière contactés par notre réalisateur, qui nous ont aidés pour le son, la lumière et le cadre.

 

Il faut dire aussi que c'était un grand plaisir de tourner à la Sorbonne, parce que c'est un très beau lieu, avec un certain potentiel cinématographique, et que nous y sommes tous, je crois, plus ou moins attachés.

 

Bref, tout ça a donné une bonne énergie. Ajoutons aussi que nos acteurs étaient sympathiques et que la régie nous avait bien nourris ! »

 

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Pour suivre l'avancée du projet L'État d'urgence, rendez-vous sur la page Facebook dédiée au court-métrage.

Si vous souhaitez aider la promotion Audiovisuel 2013/2014 à mettre en œuvre ce film, vous pouvez leur faire un donc grâce à leur cagnotte Leetchi. Vous pouvez également soutenir le projet via Ulule ; des récompenses vous seront offertes pour vous remercier de votre participation ! Chaque euro sera précieux et utilisé à bon escient…

 

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À VOS AGENDAS ! 

Les Uchroniques (étudiants de l'option Édition) vous convient au vernissage de leur ouvrage Le jour où le mur de Berlin n'est pas tombé – et tous ceux qui suivirent. Rendez-vous à la librairie-galerie du Monte-en-l'air, mardi 19 mars à 19 heures, pour une soirée ouverte à tous, au cours de laquelle vous pourrez découvrir le livre, rencontrer les auteurs, illustrateurs et éditeurs, écouter quelques passages de l'ouvrage lus à voix haute…

 

Rendez-vous ensuite sur le Salon du livre, où vous nous trouverez au stand B23 (en face du stand de Kobo). Des reliures uniques, réalisées à la main par des élèves de l'école Estienne, y seront présentées. Nous vous attendons avec impatience !

 

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À mardi prochain !