Dans l'industrie du film, un autre apprentissage en entreprise

Association Effervescence - 27.05.2014

Reportage - assistante de production - tournage - documentaire


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association. 

 

Cette semaine, les étudiants de la spécialité Audiovisuel vous racontent leur stage.

 

Pas toujours aisé de savoir par quel bout s'y prendre lorsqu'on veut travailler dans le domaine de l'audiovisuel… Comme pour la plupart des métiers, tout commence par l'étape obligatoire du stage. Seulement, l'industrie du film est un domaine très fermé ; difficile de savoir comment y entrer, quelles sont les entreprises qui proposent des stages et, surtout, d'être sûr qu'il ne s'agira pas d'un stage photocopieuse-café… 

 

Trois étudiantes vous ouvrent une petite porte sur ce monde clos, en vous racontant où et comment se déroule leur stage.

 

 

Marion – Assistante de production / assistante réalisatrice, BBC Worldwide France

 

« Je suis en stage à la BBC Worldwide France pour trois mois. L'entreprise développe, produit et adapte les formats britanniques pour la télévision française. J'ai intégré la filière documentaire qui se détache de sa consœur britannique, puisque nous réalisons et produisons des programmes inédits. J'ai donc été recrutée pour aider l'équipe dans la réalisation et la production d'un documentaire sur l'histoire du tunnel sous la Manche, diffusé le 6 mai dernier sur RMC Découverte. Maintenant que le projet est terminé, nous commençons à développer un documentaire sur le groupe français Daft Punk.

 

 

WHIO-TV Studio

Scott Beale, CC BY NC ND 2.0, sur Flickr

 

 

De ce fait, mon travail est divisé en deux étapes. Dans un premier temps, je participe à l'organisation du tournage, je contacte les intervenants, je gère les archives avec la documentaliste, je m'occupe des voice-over(technique de traduction audiovisuelle consistant à superposer la voix de l'interprète sur celle des acteurs, audible en arrière-plan, N.D.L.R.), de la musique… Et dans un second temps, mes responsables me confient des missions de développement : il s'agit d'approfondir une idée de documentaire grâce à des recherches de fond, afin de vérifier la viabilité du projet. Cette base permet ensuite au producteur de pitcher le concept à une chaîne.  

 

Ce stage m'a offert la possibilité d'appréhender toutes les étapes d'un projet documentaire, du développement à la postproduction en passant par la réalisation et le montage. Cette expérience m'a convaincue de persévérer dans ce domaine, à une nuance près : je me rends compte que je suis plus sensible au développement de projet et à sa réalisation qu'à la production. »

 

Caroline – Assistante de production, Commune Image Média

 

« Mon stage se passe globalement bien. J'ai eu envie de faire un stage là-bas car j'étais assez séduite par le projet Commune Image, son côté différent, novateur. Je fais essentiellement du développement de fictions et de documentaires et j'en suis ravie, car j'ai décidé de m'investir à la fois dans la production et la réalisation : savoir comment rendre un projet présentable, le développer, est utile dans les deux cas.

Comme il s'agit essentiellement d'un travail de lecture, d'écriture et d'imagination (en particulier pour la fiction), j'y trouve quelque chose de ludique qui me plaît bien. Et j'ai la délicieuse impression d'être payée à donner mon avis !

 

En revanche, on me demande également des choses qui ont plus trait à la communication et à l'événementiel, ce qui m'intéresse beaucoup moins. »

 

Noémie – Assistante réalisatrice, Zaradoc

 

« Je suis en stage chez Zaradoc, une société de production de documentaires qui produit et diffuse une dizaine de films par an. Dans cette société, on fait du développement, de la production ainsi que de la distribution de documentaires. J'y suis assistante réalisatrice pour un film documentaire sur la zone et les anciennes fortifications de Paris. Le siège social se trouve rue de Ménilmontant à Paris, tandis que les bureaux sont à Montreuil. Grâce à mon statut, j'alterne entre les deux lieux.

 

En tant que stagiaire assistante réalisatrice, je travaille sur un film documentaire d'une dimension assez particulière. Ce film est divisé en deux parties : des images actuelles tournées d'une part, un grand nombre d'archives d'autre part. Ces images sont commentées par un historien de renom. La voix off constitue donc la base du documentaire : les images viennent se coller aux paroles.

 

En production, je m'occupe principalement de la recherche d'archives, aussi bien photographiques qu'animées. Je me déplace dans diverses bibliothèques et autres lieux d'archivage photographique. Je dois également rechercher les droits de ces images.

 

Lorsque j'ai du temps, je réalise quelques tâches de production : dossiers de production pour des concours, recherche sur différentes aides, etc. J'assiste aussi le producteur pour le montage des films en cours. Mon travail d'archives terminé, j'assisterai également le monteur du film sur Paris. Enfin, j'aide le réalisateur sur les tournages et le cameraman ; les équipes de tournage sont en effet très réduites : le réalisateur, le chef opérateur, l'écrivain et moi-même.

 

J'aime beaucoup le fait que l'équipe me donne des responsabilités et soit à l'écoute de mes propositions. Personne ne me considère comme une simple stagiaire. Je me sens investie et intégrée. Mon rôle est unique et important : je collecte les archives intéressantes, mes choix sont déterminants sur l'image finale du documentaire.

 

Ce stage correspond à mon projet professionnel, car il me permet de travailler sur un documentaire. J'apprends énormément de mes rencontres dans les centres d'archives et grâce à mes responsables qui ont beaucoup de qualifications : le réalisateur a 40 ans d'expérience, le responsable gestionnaire s'occupe de deux sociétés en même temps…

 

Je sais que c'est en passant par la petite porte que l'on peut entrer dans le domaine très fermé de la réalisation de documentaires de création, autant pour la télévision que pour le cinéma. Mon stage est donc très formateur dans ce sens. De plus, j'ai appris que cette société produisait bon nombre de premiers films : cela me redonne espoir pour vivre de ce que j'aime, sans devoir attendre des années pour me faire un nom. »

 

***

 

Outre le développement de compétences, force est donc de constater que la plus grande valeur d'un stage réside dans sa capacité à redonner foi en l'accessibilité des métiers culturels. Nombreux sont les découragements qu'entendent les étudiants de telles filières, aussi l'apprentissage en entreprise des métiers de l'audiovisuel et de l'édition est-il un stimulus précieux pour notre génération. 

 

La semaine prochaine, ne ratez pas la suite de cette chronique ! D'autres étudiants vous parleront de leur stage dans le domaine de l'audiovisuel.

 

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À mardi prochain !