Fnac des Champs-Elysées, histoire d’une colère sociale

Elodie Pinguet - 30.12.2016

Reportage - Fnac grève - champs-élysées - discrimination salaires


Le 3 janvier, ça fera un mois que les salariés de la Fnac des Champs-Elysées sont en grève. Dans leurs rangs résonne un profond sentiment d’injustice vis-à-vis de leurs conditions de travail et de paiement par rapport aux autres Fnac de Paris. Nous avons rencontré Faustine Goget, élue du personnel et trésorière du comité d’entreprise depuis 2014.

 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Draps noirs, banderoles et pancartes sont disposés devant le magasin. Depuis le 3 décembre dix grévistes permanents, et une cinquantaine se relayant, sont stationnés à l’entrée de la Fnac de l’avenue des Champs-Elysées. Ils appellent les clients et les passants à signer leur pétition. Le problème de l’inégalité salariale serait présent depuis l’implantation du magasin il y a 20 ans. A l’initiative de la grève se trouve un collectif de salariés « parce que c’est vraiment quelque chose qui nous touche directement nous, salariés, notre rémunération ».

 

2015, annus horribilis

 

C’est fin 2014 que les employés se rendent compte de la supercherie : « En décembre 2014, on a été payé comme les autres Fnac car la gestion de paye s’est trompée. Et en janvier 2015, ils ont repris l’argent en disant que c’était une erreur. C’est là qu’on a eu la prise de conscience que nous n'étions pas rémunérés comme les autres, chose que l'on ne savait pas. »

 

Le problème est simple : « Nous ne sommes pas rémunérés de la même façon le dimanche. Les autres Fnac sont rémunérés à 200 % et on un repos compensateur tandis que nous sommes seulement rémunérés à 200 %, sans repos compensateur. De plus nous sommes la seule Fnac de France à ne pas avoir l’ancienneté comprise dans les dimanches. »

 

Et les employés des Champs-Elysées vont aller de surprise en surprise : « A force de gratter, nous avons trouvé d’autre choses, la prime de sous-sol dont nous sommes exclus. On travaille sans fenêtres, il y a des salariés qui ne voient pas la lumière du jour et on n’a pas du tout de prime par rapport à ça. Alors que nos collègues de Châtelet, de leur côté, bénéficient de cette prime. »

 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Leurs demandes sont simples, ils souhaitent « reconnaissance de la pénibilité de la Fnac Champs-Elysées parce que ça fait 20 ans que ça dure ». En clair, comme le dit leur slogan, « à travail égal, salaire égal ».

 

Malgré tout, selon eux, leur action se heurte au mur formé par leur direction : « On veut ouvrir le dialogue parce que pour l’instant le dialogue social depuis le début de la grève : on nous a envoyé un service de sécurité, on nous a envoyé au tribunal pour lever le piquet de grève, il y a une ordonnance qui a été rendue mais le piquet de grève n’est pas levé. Par contre il y a un huissier qui nous suit toute la journée pour nous donner des amendes de 100 euros s’il considère que l’on filtre l’entrée. Nous resentons véritablement une pression exercée par la direction, alors que, tout ce que nous demandons, c’est d'ouvrir le dialogue. »

 

Les 5 et 6 janviers prochains, des négociations concernant le travail dominical des Fnac de toute la France seront ouvertes. Le cas de la Fnac Champs-Elysées devrait y être abordé mais malgré tout, « ça ne reconnaîtra toujours pas l’amplitude et la pénibilité de notre magasin, c’est-à-dire le sous-sol et les horaires de 7h à 00h ».

 

Ce n’est pas la première grève qui est enregistrée sur la Fnac des Champs-Elysées. En effet, entre janvier et mars 2002, il y a déjà eu une première grève, un peu sur le modèle de celle-ci parce que « le magasin des Champs-Elysées n’avait pas le statut Fnac Paris ». Un statut qui a été obtenu en 2004, suite à des négociations. L'année dernière, un autre mouvement leur avait permis d'obtenir une majoration de salaire en soirée dès 21h.