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"Jeune diplômée cherche poste d'assistante d'édition…" : mission impossible ?

Association Effervescence - 07.01.2014

Reportage - recherche d'emploi - assistante éditoriale - industrie du livre


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du Master Édition et Audiovisuel de Paris IV-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association.

 

Cette semaine, nous vous décrivons une période particulièrement délicate et angoissante pour tout étudiant en fin d'études : l'arrivée dans le monde du travail.

 

 

Très bientôt, la promotion 2012/2013 recevra son diplôme de fin d'année. Après un an de dur labeur voire d'innombrables nuits blanches, la pression retombe. Enfin, pas tout à fait. Car en dépit du soulagement qui suit les dernières validations de mémoire et de rapport de stage, ces éditeurs en herbe doivent encore sortir du cadre rassurant de l'université pour s'engager sur le chemin stressant de la recherche d'emploi.

Aujourd'hui, Carine et Camille, deux futures diplômées du Master Édition, nous livrent leur propre expérience sur le sujet.

 

 

Carine, comment décrirais-tu ton entrée sur le marché du travail ?

À la fin du master, la transition entre les études et le monde du travail est à la fois évidente et compliquée. Évidente, car au moment où nous, étudiants, commençons à chercher du travail, cela fait déjà plusieurs mois que nous avons terminé les cours et les partiels. Certes, nous avons encore le mémoire et le rapport de stage à rédiger, mais nous ne sommes plus que très peu en contact avec la fac et nos professeurs, puisque nous travaillons en stage depuis plusieurs mois déjà. Compliquée, car il nous faut faire face à une nouvelle vie que nous avons encore du mal à distinguer, à des enjeux d'une importance que nous n'avons jamais connue durant nos études, à un contexte préoccupant face auquel le sérieux universitaire n'est plus très utile…

 

Comment s'est déroulée ta recherche d'emploi ?

En ce qui me concerne, j'ai activement commencé environ un mois avant la fin de mon stage, dès que j'eus rendu mon mémoire et mon rapport de stage et que j'ai eu de nouveau un peu de temps libre. Candidature aux offres d'emploi et relance de mon réseau professionnel ont été les premières démarches entreprises.

 

À la fin de mon stage, avec seulement un entretien d'embauche (infructueux) obtenu en un mois, il a été assez difficile de se retrouver tout à coup « au chômage », un statut qui place en position de faiblesse aux yeux des recruteurs. Heureusement, je suis partie de mon stage avec quelques travaux en freelance, qui m'ont permis de conserver une occupation professionnelle et d'afficher une activité actuelle sur mon CV. 

 

Aux réponses à des offres d'emploi se sont ajoutées des candidatures spontanées, selon une logique « passionnelle », d'après mes goûts personnels, mais aussi « tactique », en fonction des meilleures ventes des derniers mois ou des projets de développement des maisons d'édition (il faut alors bien lire la presse professionnelle). À l'activation du réseau existant se sont ajoutées les tentatives d'élargir mon carnet d'adresses, en écumant les salons du livre et les rencontres littéraires et professionnelles. À la recherche de poste s'est adjointe la recherche de missions en freelance, pour continuer d'avoir quelques rentrées d'argent et de développer mon réseau.

 

Bref, je me suis employée à jouer sur tous les tableaux à la fois, à semer un maximum de graines, à ne négliger aucune piste.

 

Toutes ces candidatures à préparer ont dû demander énormément de temps... et une sacrée organisation.

Quand je n'avais pas de missions en freelance, la recherche d'emploi était mon travail à temps plein, tous les jours de la semaine. Je tenais un rigoureux tableau de bord de mes candidatures, j'avais toujours le téléphone à portée de main et les yeux rivés sur les annonces de postes et ma boîte mail. 

 

Après des dizaines d'appels téléphoniques infructueux

 

 

Il a également fallu s'occuper de démarches administratives, parfois laborieuses, telles que l'inscription à Pôle emploi, les déclarations à la Caf, le changement de régime auprès de la sécu... (Bienvenue dans le monde des adultes !)
Après un mois de recherche intense et très peu de retours sur toutes mes candidatures : mon fameux tableau comptait une trentaine de CV envoyés et je n'avais décroché que des lettres de refus et un test pré-entretien n'ayant pas abouti.

 

 

Quand on découvre la montagne de papiers à remplir pour s'inscrire à Pôle emploi…

 

 

Ces échecs ont dû être plutôt décourageants. As-tu fini par trouver un emploi, ou es-tu toujours à la recherche d'opportunités ?

Alors que je commençais à faiblir en énergie et en enthousiasme, les choses se sont précipitées, les entretiens se sont enchaînés (jusqu'à 6 en une semaine), coups de fil et mails se sont mis à affluer. Bien entendu, si cette agitation ne promettait rien à la clé, elle me redonnait tout de même de l'espoir et de la confiance en moi.

Au bout de deux semaines de cette effervescence, j'ai signé un contrat d'assistante éditoriale, pour un CDD d'un an renouvelable, dans une maison d'édition que j'apprécie beaucoup. Un mois et demi après la fin de mon stage, j'avais donc trouvé le poste idéal et j'ai même eu le luxe de refuser une offre de poste moins avantageuse, ainsi que des nouvelles missions de freelance, et de prendre des vacances avant mon embauche. Toutes les graines semées un peu plus tôt avaient poussé en même temps.

 

CDD en poche : mission accomplie !

 

 

Les démarches adoptées par Carine offrent une vision somme toute réaliste et complexe des premières recherches d'emploi. Elles n'en sont toutefois pas représentatives, comme le démontre l'expérience qu'en a eue Camille. 

 

 

Contrairement à Carine, tes premiers pas dans le monde du travail ont été moins difficiles.

En ce qui me concerne, j'estime avoir eu beaucoup de chance. En effet, il se trouve qu'une des éditrices pour laquelle je travaillais pendant mon stage de fin d'études chez J'ai lu est partie en congé maternité alors même que j'étais encore en poste.

Plutôt que de rester passivement dans l'attente qu'on me propose de la remplacer pendant son absence – ce qui en général n'aboutit à rien –, j'en ai d'abord discuté avec l'éditrice en question, qui ne voyait aucun inconvénient à ce que je postule. Puis je suis allée voir la directrice de J'ai lu et lui ai proposé ma candidature. 

 

Et ton initiative a-t-elle porté ses fruits ? 

L'entretien s'est très bien passé. J'avais l'avantage certain de connaître l'équipe, le catalogue et le fonctionnement de la maison, ce qui a largement joué en ma faveur, je pense. Grâce à cela, j'ai été embauchée en CDD pendant 6 mois afin d'assurer le suivi éditorial de la collection poche de littérature française. 

 

 

La Taverne du Livre, Nancy

Bientôt à la maison ? ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Comment s'est déroulée ta première prise de fonction à ce poste ?

Pendant mon remplacement, j'ai été en contact quasi constant avec l'éditrice que je remplaçais, qui répondait à toutes mes questions tout en me laissant une grande part d'autonomie, et qui m'a beaucoup appris. 

Évidemment, ce n'est pas une solution sur le long terme, car il n'y a pas d'embauche à la clé, mais pour moi, ce fut une entrée tout en douceur dans le monde du travail. Et puis on dit souvent que la première expérience est la plus dure à trouver, donc je suis plutôt confiante pour l'avenir.

 

Quels sont à ton avis les facteurs déterminants pour se faire une place dans le monde de l'édition ?

Selon moi, le plus important quand on cherche du travail dans ce secteur, c'est de combiner les éléments suivants : un bon réseau, qui s'acquiert grâce à des stages dans différentes maisons d'édition, une bonne dose de détermination et bien sûr des compétences, sans oublier une certaine part de hasard !

 

 

À VOS AGENDAS ! Le mercredi 8 janvier ne ratez pas la master class radio organisée par l'association Effervescence en Sorbonne : « Radio France : de l'ORTF à la maison de la Radio ».

Animée de 19 heures à 21 heures par Stéphanie Fromentin, journaliste à Radio France, cette master class aura l'honneur de recevoir Nicolas Philibert, Jean-Luc Hees, Olivier Poivre d'Arvor et Julien Delli Fiori. 

Entrée gratuite ! N'hésitez donc pas à prendre votre micro et à en parler autour de vous ! 

Où : Université de la Sorbonne, amphithéâtre Michelet, 46, rue Saint-Jacques, 75005 Paris.

 

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À mardi prochain !