L'offre de livres piratés augmente en France

Clément Solym - 08.03.2011

Reportage - ebooks - telechargement - illegal


Si 2009 devait marquer l'année 1, avec la présentation d'EbookZ, première étude se concentrant sur l'offre illégale de livres numériques en France, finalement, c'est presque avec un peu de déception que l'on découvrira 2010 comme n'étant que l'année "0,5", au travers de la nouvelle étude proposée par Le MOTif.

Pour sa deuxième édition, l'étude montre clairement que le piratage progresse - près de 2000 à 3000 ouvrages sont disponibles au téléchargement, pour les livres - soit 2 % de l'offre papier actuelle - contre 1000 à 500 en 2009. Pour la BD, hors du streaming, on recense 6 à 7000 titres, contre 3 à 4500 pour 20009.

Évolution de méthodes de téléchargement

« Ça progresse, effectivement, avec une remarque intéressante, sur l'évolution des techniques. Les réseaux de Peer-to-Peer sont délaissés au profit du téléchargement direct », note Vincent Monadé, directeur du MOTif. « L'évolution des techniques intéressera probablement le ministère de la Culture, dont l'Hadopi ne surveille aujourd'hui que les réseaux de partage », ajoute Vincent Monadé.

Et renseignera très probablement le SNE sur l'inutilité d'investir dans les sociétés mandatées, justement, par Hadopi, pour surveiller les fichiers sur la toile - outre le coût exorbitant de l'opération.

Or, si les techniques de téléchargement évoluent, il en va de même avec les oeuvres piratées, comme le montre ce partage :
  • 1 Littérature 44,8%
  • 2 Pratique 37,7%
  • (incluant STM, Enseignement, Informatique, Dictionnaires)
  • 3 Essais 12,5%
  • (dont Sciences Humaines, Religion et Ésotérisme, Philosophie, Mémoires)
  • 4 Jeunesse 5,1%
  • 5 Beaux livres 0,4%
Et à la question, qui est le grand gagnant, voici le palmarès des auteurs les plus piratés :


Trois tendances se dégagent donc : d'abord, les ouvrages grand public et les best-sellers, ce qui confirme la tendance notée dans EbookZ 1.

Ensuite, une volonté de trouver des nouveautés, puisque quatre titres ont été publiés au cours des six derniers mois. Enfin, quatre autres ouvrages qui maintiennent leur position du top 20 de 2009 : Harry Potter, Le Sexe pour les nuls, Le Petit Prince et Twilight.

Une envie de vraies nouveautés

« C'est principalement dû au taux de pénétration des lecteurs ebook sur le marché français. Les utilisateurs sont de plus en plus équipés et souhaitent forcément trouver des oeuvres à lire », souligne Vincent Monadé. « De même, on trouve de plus en plus de fichiers ePub, qui ont été améliorés par les pirates ; ils offrent ainsi des versions numériques de meilleure qualité, en faisant la bascule entre PDF et ePub. Et comme le consommateur est en demande de nouveautés, le travail de piratage va dans ce sens, avec une quasi-disparition de l'oeuvre concernant des ouvrages universitaires, au profit de la littérature, et plus particulièrement des policiers et de la SF. »

Cela dit, si l'ePub prolifère, il reste largement inférieur au PDF. Et il faut noter que l'on assiste à une réelle augmentation des fichiers craqués provenant d'une offre légale :
  • pDf image 36,5% livre 39,8% BD
  • pDf texte 42,5% livre 0% BD
  • epub 3% livre 0% BD
Dans les genres émergents, présents dans la première étude. « En somme, Deleuze [NdR : premier auteur piraté selon EbookZ 1] a été remplacé par Werber », plaisante Serge Guérin, président du MOTif. Les auteurs de SF et fantastique représentent ainsi 60 % du classement, et ceux de policiers 25 %.


Une grande majorité des oeuvres piratées a également été publiée entre 1991 et 2008 - que ce soit pour la BD (plus de 51 %) ou le livre (près de 66 %). Cependant, les oeuvres publiées entre 2007 et 2010 représentent toutefois plus de 44 % pour le livre et 53 % pour la BD. « Cette année encore, plus de 2 ouvrages piratés sur 3,
livres comme BD, datent de moins de 10 ans
», considère l'étude.

Et au rang des éditeurs les plus confrontés à cela on retrouve Gallimard, Eyrolles et Dunod - notamment, pour les deux derniers, du fait de leur spécialisation dans les livres techniques, grandes victimes - et Delcourt, Soleil et Dargaud, pour la BD.

Les DRM, ça n'est pas efficace

« On peut désormais considérer avec une certaine assurance, qu'il existe, dans le domaine du livre pratique, une corrélation entre le prix du livre papier et le téléchargement illégal », pointe Vincent Monadé.

« Nous arrivons cependant face à un fameux paradoxe : l'offre légale crée du piratage, mais l'offre légale permet également de lutter contre le piratage. En fait, il faut accepter d'être piraté pour ne pas l'être. Maintenant, il reste à déterminer quel est le danger pour l'économie des éditeurs. Les qualités essentielles pour l'offre nous semblent être l'absence de DRM, la qualité des oeuvres et un prix attractif. La DRM, ça n'est pas efficace. »

Le nombre d’ouvrages piratés non disponibles à la vente papier a fortement baissé depuis «EbookZ 1», tombant à 9,7 % pour les livres (contre 25,6 %) et à 8,2 % pour les BD (31,4 %), note également l'étude. Et pour ce qui est de l'offre légale, les ebooks sont vendus en moyenne à 14,4 € contre 12,8 € pour la BD.

On pourra retrouver l'étude complète à cette adresse.


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.