La bibliothèque d'Angers prête des Cybook aux étudiants

Clément Solym - 13.11.2008

Reportage - bibliotheque - Agen - pret


Souvenez-vous, en Espagne dans la bibliothèque municipale de Francisco Valdes, on expérimentait le prêt de Cybook auprès des habitants. Mais en France aussi, le prêt de lecteurs de livres électroniques en bibliothèque est passé en phase d'expérimentation... pour les étudiants d'Angers.
 
Université cherche lecteur d'ebooks, et plus si affinités

Le projet date du mois dernier, mais était prévu pour bien plus tôt : Daniel Bourrion, conservateur des bibliothèques et responsable de la section numérique à l'université d'Angers s'en est personnellement chargé. « Nous avons contacté 4D Concept et Bookeen, pour notre projet. Si le premier nous a paru plus tourné vers les entreprises, le second offrait vraiment ce que nous considérions comme un livre de poche numérique. »

Ainsi, début 2008, le projet est sur les rails que de proposer au prêt comme des livres traditionnels, 10 Cybook. Mais voilà, la mise en place prend un peu de retard, et finalement, ce n'est qu'à la rentrée littéraire que tout peut se concrétiser. Ainsi, sur les trois sites que compte l'université, ce sera finalement le public littéraire qui servira de cobaye. Dans chacun des Cybook, on a chargé des classiques et lié un partenariat avec Publie.net, la plateforme de François Bon. « Finalement, le retard nous a permis de profiter de cette offre, chose dont nous n'aurions pas pu bénéficier quelques mois plus tôt, et ainsi de les garnir également avec des publications contemporaines que l'équipe de François Bon édite. »
 

« La nouveauté est donc double, à la fois dans le contenant, le livrel ;
et dans le contenu, les textes inédits. Miam miam…
»

 

« Nous avons signé un accord qui pour 250 € nous donne accès à tout le catalogue de Publie.net », nous explique Daniel Bourrion (le manipulateur de Cybook sur la photo). Et comme pour un document classique, les étudiants peuvent emprunter le livrel durant trois semaines avant de devoir le rendre et laisser d'autres se frotter à l'expérience lecture numérique. « La nouveauté est donc double, à la fois dans le contenant, le livrel ; et dans le contenu, les textes inédits. Miam miam… », rapportait-il sur De tout sur rien.

 

Pour l'heure, seules ces 10 machines sont disponibles et l'on n'a pas prévu de plan quinquennal pour généraliser leur utilisation. En revanche, on aimerait bien proposer d'autres expériences avec des lecteurs différents. « Il s'agit d'un outil qu'en ma qualité de bibliothécaire, j'attends depuis longtemps. C'est un réel plaisir de pouvoir l'expérimenter sur un public estudiantin. »

Traquer les habitudes pour lancer d'autres expériences

 

Après un mois seulement d'utilisation, les retours sont assez minces et difficile d'avoir le recul nécessaire sur le sentiment des étudiants. Une enquête sera bien entendu menée pour savoir quelle aura été l'utilisation que les élèves d'Angers auront eu de leur livrel durant la période de prêt. Mais les questions nous brûlent les lèvres : quel avenir pour la bibliothèque ? Un partenariat avec les éditeurs de livres scolaires est-il envisagé ?

 

« Non, pour le moment, nous ne faisons pas trop de projection sur l'avenir, même si nous gardons à l'esprit les différentes possibilités offertes. » Reste que dès le premier jour, la curiosité était présente, puisque « 60% du stock ont été empruntés ». « Apparemment, les étudiants ont accroché à cette nouvelle proposition de leur bibliothèque, même si les harangues et autres exhortations à apprivoiser la bête (le livrel, pas Daniel…) semblent avoir été nécessaires ! », témoigne Olivier Tacheau sur son blog Le nombril de la Belle Beille.