“La direction d'écriture, c'est comprendre un certain univers pour un public ciblé"

Association Effervescence - 26.05.2015

Reportage - montage photo - séquence scénario


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association.

 

Afin de valider son Master 2, chaque étudiant des deux sections confondues doit effectuer un stage de fin d'études. Cette semaine, Guillaume, étudiant en section audiovisuel, nous parle de son travail auprès d'un directeur littéraire, pour l'écriture d'une série d'animation jeunesse.

 

Chaque série peut posséder un ou plusieurs directeurs littéraires en fonction de la taille de la série. Chaque directeur littéraire constitue une équipe de sept ou huit scénaristes avec qui il va travailler. Le directeur littéraire fait le lien entre une équipe d'auteur et la production, le réalisateur, les éventuels ayants droit, mais aussi les différents directeurs littéraires des chaînes qui ont investi dans la série. Chacun de ces interlocuteurs doit valider toutes les étapes du scénario.

 

Celles-ci se décomposent en quatre temps : une storyline de quelques lignes pour introduire brièvement l'histoire, un pitch en trois actes, qui développe la structure générale de l'intrigue, un séquencier qui commence à faire apparaître le rythme de l'épisode et enfin une version dialoguée sur laquelle travailleront les « boardeurs ». Il faut aussi avoir une connaissance approfondie de la « Bible » de la série pour aiguiller les auteurs et rectifier leurs textes.

 

Impatients s'abstenir ! L'écriture d'une série, quel que soit le minutage final de chaque épisode, prend du temps : le passage d'une storyline à une version dialoguée définitive, selon les réécritures et les notes des diffuseurs, peut prendre entre un mois et demi à trois mois. Il y a un vrai travail d'organisation et de suivi des textes à chacune des étapes, pour pouvoir prévoir la livraison de chaque épisode et la fin de la série.

 

 

 

 

La direction d'écriture, c'est avant tout comprendre un certain univers pour un public ciblé. Il faut avoir une idée précise des enjeux que représente l'animation dans l'écriture mais aussi le jeune public. Au-delà de l'aspect pratique, il faut avoir une connaissance de sa cible ; un enfant de quatre ans n'a pas les mêmes capacités de concentration qu'un adulte. Il faut trouver des idées, des conflits qui puissent faire écho dans la vie de ces tout jeunes spectateurs. 

 

Ainsi, les dialogues doivent être à la fois comiques, explicatifs, sans être primordiaux à l'intrigue. Les histoires doivent aussi être très faciles à suivre. S'adresser à des enfants de quatre ans signifie également de nombreux problèmes de « Standars & practicies ». Ce sont tous les aspects que les diffuseurs ne veulent pas retrouver dans les épisodes pour pouvoir les diffuser sur toutes les chaînes. Au-delà de la violence, il y plein de consignes très précises comme ne pas montrer des enfants cuisinant seuls, toujours leur mettre un casque s'ils utilisent un vélo, etc.

 

Des contraintes donc, vis-à-vis du public ciblé, mais aussi dans la conception de l'animation. Dans une série d'animation industrielle destinée au jeune public, ces contraintes sont légions. La 3D implique un nombre limité d'éléments modélisés avec lesquels les auteurs peuvent jouer. Créer un personnage absent de la « Bible » ou un nouveau décor coûte très cher. Pour des raisons d'économie plus que de capacité technique, tout n'est donc pas possible en animation.

 

En somme, la direction littéraire c'est être au cœur de la création de scénario, au cœur des nombreuses réécritures entre choix artistiques et contraintes pratiques.

 

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À mardi prochain !