La Grande librairie : "Entrer dans les coulisses de l'émission"

Association Effervescence - 03.02.2015

Reportage - grande librairie - François Busnel - audiovisuel émission


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l'association Effervescence, réunissant lesétudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l'association.

 

Cette semaine, nous revenons sur l'émission « La Grande Librairie » à laquelle le master 2 MEA, option édition, a assisté en direct le jeudi 8 janvier dernier. Ce fut l'opportunité pour les étudiants de constater combien les secteurs éditorial et audiovisuel étaient complémentaires. Focus sur une émission télévisuelle et littéraire à l'atmosphère particulière.

 

La filière édition devait se rendre de longue date à « La Grande Librairie » pour écouter quatre écrivains parler de leurs nouveaux livres : Virginie Despentes, Laurent Gaudé, Romain Puértolas et Léonor de Récondo. Mais les événements du mercredi 7 janvier, dans les bureaux de Charlie Hebdo, ont bousculé les programmes de France 5.

 

Benjamin François, le rédacteur en chef de l'émission – que les étudiants ont rencontré –, a expliqué qu'après une telle tragédie, cela n'avait pas de sens de diffuser une émission consacrée à la rentrée littéraire de janvier. Par conséquent, toute l'équipe de « La Grande Librairie » a dû faire face à l'imprévu et proposer, en quelques heures seulement, une nouvelle émission en hommage à Charlie Hebdo, à ses dessinateurs, à ses auteurs aussi. Il a fallu trouver, dans l'urgence, de nouveaux invités.

 

Tahar Ben Jelloun, Enki Bilal, Viriginie Despentes, Gérard Mordillat, Daniel Pennac et Albert Uderzo ont bien voulu se prêter à l'exercice, aussi difficile soit-il. D'autres, au contraire, n'ont pas pu répondre à l'invitation, comme Kamel Daoud, Marjane Satrapi ou Riad Sattouf. De même, plusieurs archives ont dû être rapidement recherchées – des vidéos des illustrateurs, notamment –, ce qui a demandé un après-midi de travail. « Une émission, ça se prépare », souligne Benjamin François, tant sur le fond que sur la forme.

 

Des propos que les étudiants du master 2 MEA ont pu vérifier dès qu'ils se sont assis dans le public. Une manière, en quelque sorte, d'entrer dans les coulisses de l'émission. Après l'arrivée des invités sur le plateau, le travail de l'équipe audiovisuelle a été important. Les essais sonores, les retours plateau et les vérifications de micros se sont enchaînés avant la diffusion en direct. Puis, le silence s'est fait avant que François Busnel prenne la parole, face caméra.

 

Que ce soit sur le plateau ou à l'écran, l'urgence et l'improvisation ne se sont pas remarquées. François Busnel a donné, successivement, la parole à chacun des invités, les a interrogés et a rebondi après leurs interventions. En parallèle, l'équipe audiovisuelle continuait de tout superviser : les photographies des dessinateurs et les archives devaient s'afficher à l'écran, selon un plan bien établi. Pendant ce temps, une assistante plateau égrenait les secondes avant la reprise d'antenne. Le direct ne laisse pas de place à l'imprévu, tout doit être maîtrisé.

 

Sur le fond, l'émission ne cherchait pas à sanctifier les illustrateurs de Charlie HebdoIl s'agissait surtout de rappeler leurs statuts d'auteur. D'ailleurs, François Busnel a présenté quelques-uns de leurs livres, souhaitant en faire des best-sellers. Il a aussi conclu l'émission sur ces mots : « audace, poésie, littérature, fiction et rire », auxquels Tahar Ben Jelloun a ajouté celui de « satire ». Puis, les invités ont peu à peu quitté le plateau et, comme au théâtre, le décor a été retiré.

 

 

 

La Grande Librairie

 

Les étudiants se sont alors entretenus brièvement avec le rédacteur en chef Benjamin François, qui a présenté les tenants et les aboutissants de cette journée de travail, pas tout à fait comme les autres. À la question : « êtes-vous satisfait de cette émission, malgré l'urgence de la situation ? » La réponse ne s'est pas fait attendre : « Nous aurions préféré ne pas la faire ». Quant à l'après, ce sera un travail de reprogrammation pour les auteurs qui étaient invités à l'origine. À une émission, en succède une autre... Vous pouvez retrouver cette émission spéciale en replay sur le site de France Culture.

 

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À mardi prochain !