Costumier et habilleur : ceux qui font le cinéma

Association Effervescence - 14.07.2015

Reportage - costumes édition - film production - costumier habilleur


Chaque semaine, ActuaLitté, en partenariat avec l’association Effervescence, réunissant les étudiants et anciens élèves du master Édition et Audiovisuel de Paris-Sorbonne, vous donne rendez-vous : retrouvez dans les colonnes de notre magazine une chronique, réalisée par les étudiants de la formation, racontant la vie du master et de l’association.

 

Cette semaine, une étudiante de la filière audiovisuelle du master nous fait découvrir un aspect spécifique dans la préparation d’un film ou d’une série : les costumes.

 

Si le master audiovisuel de la Sorbonne est spécialisé dans l’écriture sous diverses formes (transmédia, fiction, animation, documentaire, série, etc.), quelques rares étudiants aspirent à d’autres métiers que celui de scénariste. Une étudiante, actuellement en stage sur le tournage d’un téléfilm, assiste la chef costumière et l’habilleur, après s’être occupée des costumes pour le court-métrage de fin d’études de la promotion, Le Bel Âge.

 

costumes film habilleurs production

 

 

Costumier et habilleur sont deux rôles bien distincts, qui interviennent à des stades différents de la réalisation d’un projet. Le travail est donc double et se déroule sur deux temps. Tout d’abord il y a la phase de préparation du film : c’est là qu’intervient le costumier. Il lui faut rassembler tous les vêtements loués ou prêtés par des marques, recueillir les mensurations des comédiens, faire des « dépouillements » par personnages (rôles principaux, secondaires) qui permettent de voir combien de fois les personnages apparaissent en terme de jours dans le film. 

 

Sont également à noter les éventuelles particularités des personnages, lesquelles se retrouveront dans leurs costumes (éboueurs, invités dans une fête, joggeurs, etc.). Les tenues ne doivent pas seulement être un repère pour indiquer la fonction d’un personnage ; elles doivent aussi refléter leurs caractéristiques (untel est carriériste, l’autre est un mafieux repenti, par exemple). De cette manière, un chef costumier détermine les tenues qui seront ensuite validées par le réalisateur. 

 

Une fois les silhouettes définies, à l’approche du tournage, on constitue les « housses » qui contiennent la tenue de chaque personnage. Dessus, on inscrit le numéro de séquence dans laquelle elle apparaît et le jour de tournage.

 

Cette première phase de préparation terminée arrive le tournage où c’est au tour de l’habilleur d’entrer en scène. La précision est de mise : son rôle est d’ajuster les costumes sur les comédiens, et c’est là une tâche moins facile qu’il y paraît. Ce travail demande rigueur et vigilance, sous peine de créer de faux raccords. En effet, un film est rarement tourné dans l’ordre chronologique des séquences. Il faut donc, par exemple, que la tenue filmée dans une séquence lundi soit absolument identique dans la séquence suivante, laquelle peut très bien être tournée deux semaines plus tard… 

 

Veiller à la continuité et à la cohérence des tenues est la première des attributions de l’habilleur. Il lui faut donc noter chaque détail, depuis le nombre de boutons défaits dans telle séquence, jusqu’à la manière dont les manches sont retroussées dans telle autre, en passant par la présence d’ourlet, de taches, de fils, etc. Ce travail s’apparente ainsi à celui de scripte, qui, de la même façon, doit prendre note de chaque détail du tournage afin de veiller à sa bonne marche et à sa continuité. À ceci près que la tâche de l’habilleur se concentre essentiellement sur les costumes des comédiens.

 

Le stage de notre étudiante se révèle donc assez complet, mêlant préparation et travail de terrain. « J’aime beaucoup les tournages, voir un scénario mis en scène, assister à la seconde naissance d’un film (la première étant le scénario, et la troisième le montage comme le disait assez justement François Truffaut) », explique-t-elle. « Le travail d’habilleur qui s’occupe de la cohérence des costumes tout au long du tournage procure une forte satisfaction, car il permet d’ancrer les personnages dans une forme de réalité : celle du film. Mais la phase de préparation est aussi très intéressante, car c’est le moment où les costumes sont définis : de cette façon, on contribue à concrétiser petit à petit un personnage qui n’existait encore que sur papier. »

 

Si vous voulez (re) lire nos chroniques déjà publiées sur ActuaLitté, c’est ici! Si vous voulez être informés chaque semaine de la parution de notre nouvelle chronique, c’est ici!

À mardi prochain !


Pour approfondir

Editeur : Nouveau Monde
Genre : cinema
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782847364606

Dictionnaire Du Cinema Populaire Francais

de Dehee;Bosseno

Un Dictionnaire sans équivalent pour comprendre les grands succès du cinéma populaire : les films-phares de chaque époque ; les grandes figures : acteurs, réalisateurs, scénaristes, producteurs, médiateurs, musiciens ; les clés de lecture : thèmes, personnages, lieux. Et aussi : l'économie, la technique, l'exploitation. Une somme d'informations jamais réunies auparavant. Ce Dictionnaire veut donner à comprendre les succès du cinéma et l'évolution de ses modes, faire revivre l'engouement pour ses stars, découvrir ses artisans méconnus. Ce faisant, il éclaire l'Histoire de la France et des Français au XXe siècle. Cette 2e édition entièrement mise à jour comporte une cinquantaine de nouvelles entrées : acteurs (tels que Marion Cotillars, Jean Dujardin, Guillaume Canet, Cécile de France) et films (Mesrine, Bienvenue chez les Ch'tis). Le box-office des entrées en salles et des diffusions télévisées est également actualisé.

J'achète ce livre grand format à 49.70 €