Le numérique se substitue aux livres scolaires dans les cartables

Clément Solym - 24.08.2009

Reportage - numerique - livres - scolaires


Au lycée Empire à Vail en Arizona, les lycéens suivent leur cours, font leurs devoirs et écoutent des podcasts des cours de science de leur professeur sur des ordinateurs fournis par l'école. Un peu plus loin, au lycée Cienega, les étudiants qui disposent d'ordinateurs portables peuvent s'inscrire à une section numérique de cours tels que l'anglais, l'histoire ou les sciences.

Suivre des cours, écouteurs aux oreilles, c’est possible

Les manuels scolaires ne sont pas encore relégués au statut de parchemin antique pourtant une bonne partie du corps professoral est d'accord sur le fait qu'ils sont en phase d'être remplacés par leur version numérique, rapporte le New York Times.

« Ils (les enfants) sont dans leur élément dans le monde numérique. Ils font plusieurs choses à la fois, transposent, extrapolent. Ils voient la connaissance comme infinie » explique Sheryl R Abshire, Directeur exécutif des technologies pour le système scolaire Calcasieur Parish à Lake Charles. « Les professeurs ont besoin de ressources numériques pour trouver ces documents, blogs, wiki qui leur feront dépasser le simple cursus du manuel », ajoute-t-elle.

Une évolution en marche…

En Californie, de nombreuses initiatives sont prises dans ce sens par la gouvernance de l'état. Et elles sont accueillies avec enthousiasme. Le Gouverneur Schwarzenegger a annoncé cet été une initiative visant à remplacer les textes de maths et sciences pour les lycéens par des versions numériques libres de droit.

Cette initiative a attiré l'attention des médias, la Californie avec le Texas dominant le marché national du manuel scolaire. « Nous en sommes encore au paradigme du bâtiment abritant ses 30 élèves et son professeur » ajoute Mr Habermehl, superintendant des établissements du comté d'Orange accueillant 500 000 étudiants. « Nous avons besoin de sortir de ce schéma pour avoir 200 à 300 enfants suivant leur cours en ligne, 24 h/24 et 7j/7, quand ils le souhaitent. ».


Mais qui n’est pas arrivé au bout de son chemin

Cependant, ce futur numérique n'est pas encore prêt de s'appliquer à toutes les salles de classe. Dans un premier temps, il y a la fracture numérique. Tous les étudiants n'ont pas forcément d'accès à un ordinateur, un lecteur numérique ou un smartphone.

Dans un second temps, pour les versions libres de droits des manuels en Californie, se pose également le problème de la validation du contenu selon les standards académiques de l'état. Mr Roach, superintendant des établissements de Carsbas en Californie, désire du matériel de qualité afin que les professeurs puissent proposer des cours dynamiques. « Mais les livres numériques ne sont pas prêts de remplacer les manuels papier avant un moment ».

L'exemple californien en fer de lance

La plupart des textes numériques restant à valider par l'état de Californie proviennent d'un groupe à but non lucratif, Fondation CK-12 qui développe des "flexbook" (manuels flexibles). « Ce qui est bien avec ces flexbooks, c'est qu'ils peuvent être personnalisés comme vous le souhaitez », explique Neeru Khosla, un des fondateurs du groupe. « Ils sont utilisables en ligne, téléchargeables, imprimables, personnalisables, et il est même possible d'y implanter des vidéos... Pourquoi payer 100 $ pour un manuel quand vous pouvez disposer du contenu gratuitement ? »

Dans une classe d'histoire du Lycée Empire pour les élections, par exemple les étudiants ont créé leur propre parti politique, campagne web et vidéo. « Les étudiants apprennent les mêmes concepts, mais d'une façon différente » affirme Matt Donaldson, principal du lycée Empire. Malgré toute l'attention suscitée par la Californie, les manuels scolaires numériques n'en sont qu'à leurs débuts, mais amorcent une révolution dans les technologies de l’éducation.