Le site Livres d'art collera le plus rapidement possible à l'évolution numérique

Clément Solym - 13.03.2012

Reportage - livre d'art - Pascale Le Thorel - site internet


Pascale Le Thorel est depuis trois  ans à la tête du groupe des éditeurs d'arts et de beaux livres, une ouverture récente qui permet d'élargir le nombre de maisons présentes. C'est ensemble qu'ils ont ouvert une plateforme dédiée au livre d'art et aux beaux livres, au travers d'un site internet commun : Livred'art.fr

 

« Nous souhaitons présenter une offre qui soit la plus élargie possible et surtout de s'ouvrir », nous précise Pascale le Thorel. C'est qu'être admis dans la congrégation des éditeurs de livres d'art ne va pas de soi : qui aurait publié un ouvrage présentant des voitures, même de luxe, pouvait ne pas être adoubé par ses pairs. « Aujourd'hui, il est plus important de renforcer le secteur, alors que le livre est en pleine période de mutation avec le numérique, et internet. Plus on sera nombreux à se serrer les coudes, plus notre segment aura d'efficacité. »

 

Le site internet sera présenté durant le Salon du livre de Paris et participe donc à cette ouverture aux beaux livres - plus simplement aux éditeurs de livres d'arts. « Ce qui veut dire, réagréger les grands groupes : depuis un moment, les éditeurs du secteur se retrouvaient autour de deux manifestations, le Salon du livre et le Mai du livre d'art. Cette dernière opération ayant été réellement arrêtée voilà quelques années. Notre principal événement se déroulait à Nantes. Les éditeurs y présentaient leurs ouvrages, naturellement. »

 

Par la suite, seules quelques manifestations temporaires, en bibliothèque, par exemple, ont eu lieu, alors que la grande manifestation avait pris fin. « C'est que, pour ces événements, les éditeurs souhaitant y prendre part payaient une cotisation assise sur le collège, comme pour le Syndicat [NdR : SNE, syndicat national de l'édition], c'est-à-dire, indexé sur le chiffre d'affaires. Selon la taille de la maison, la cotisation était toujours indexée, mais représentait alors une somme plus ou moins importante. »

 

 

 

Pour les grands groupes, cette indexation sur le chiffre d'affaires devenait lourde, comme ont pu le découvrir les adeptes de la calculatrice qui travaillent dans ces groupes. Les opérations leur coûtant très cher, alors que les manifestations étaient installées. « Comme de toute manière les libraires présentaient les ouvrages des uns et des autres sur leurs tables, certains ont arrêté de venir, donc de payer la cotisation, tout en restant des participants actifs. » 

 

Une cotisation qui était distincte de celle versée pour l'adhésion au SNE, et dont la disparition a donc poussé à ouvrir le groupe des éditeurs de livres d'art, à ceux proposant des beaux livres. Il faut bien apporter au trésor de guerre. Pour les libraires, l'événement était gratuit, et au contraire, Claude Draeger [NdR : ancien responsable au SNE du groupe des éditeurs d'art] qui s'en occupait à l'époque, disposant de cette cotisation, pouvait leur faire parvenir du matériel de communication pour l'opération.

 

Mais revenons à ce site : il est financé pour moitié par le CNL, et réalisé par une petite maison de développement, Onibi. « Nous nous sommes retrouvés dans notre petit groupe de travail, Maïté Hudri (Editions Norma), Nicolas Draeger (Editions Anthese), Bernard Chaveau (Bernard Chaveau Editeur), Marc  Bedarida (Editions de la Villette) et Sabine Lestum, en charge de la communication du syndicat. » À chaque réunion, les autres éditeurs étaient avertis des conclusions et des projets. « Avec ce groupe, nous représentions tous les secteurs de l'édition de livres d'art et beaux livres. » 

 

Tout éditeur qui serait pure-player, et désirerait en faire partie, n'aurait alors qu'à prendre sa cotisation au SNE pour intégrer le groupe. « Mon idée, en reprenant le groupe du syndicat, était de coller le plus rapidement possible à l'évolution numérique. Avec ce site, c'est une grande base de données d'éditeurs que nous proposerons. Une base recensant absolument tous les fonds, en référençant les ouvrages français comme anglais, et plus tard l'an prochain en espagnol, avec dans l'avenir pourquoi pas le chinois et l'arabe. Nous aurons alors un outil, qui aujourd'hui n'existe pas, avec une définition de l'ouvrage en 1000, 1500 signes, ainsi que toutes les données nécessaires, avec une recherche par thématique. »

 

En constituant une bibliographie générale de tous les éditeurs adhérents du SNE, on pallie un manque actuel, pour les chercheurs, universitaires et étudiants, mais également les critiques, avec surtout la possibilité, par le biais d'internet, de la rendre internationale. En back-office, l'éditeur peut remplir un champ 'Avez-vous une version numérique ?', à remplir si c'est le cas. Dans le cas contraire, c'est une invitation discrète à la réflexion sur ce développement, et une phase première de pédagogie. 

 

Tout lien renvoie vers le site de l'éditeur, s'il en a un, et dans le cas contraire, tenter de lancer l'éditeur dans son aventure. « Jean-François Colosimo [NdR : président du Centre national du livre] a été d'une écoute parfaite pour ce projet. Quand je lui ai proposé ce projet, je lui ai également dit que le principe pouvait être décliné sur d'autres secteurs de l'édition. »

 

 

 

Le domaine du livre d'art et du beau livre vit aujourd'hui plusieurs contraintes. Si les catalogues d'exposition continuent de bien se vendre, les Coffee table bocks qui avaient le vent en poupe dans les années 80 sont moins e vogue. Ces ouvrages relevaient plutôt du livre que l'on laisse traîner sur sa table de salon, avant que les invités n'arrivent, et qui servait autant de décoration. En outre, les commandes pour cadeaux d'entreprise ont été réduites, et le montant même de ces cadeaux a diminué - dans ce contexte, les ouvrages issus de commandes à un éditeur se raréfient.

 

« Mais je crois que ce beau livre existe toujours, comme livre-objet, et qu'il a toujours une vie, avec des ouvrages véritablement insolites et inédits. La fétichisation des ouvrages redémarre très bien, en fait. Tout est question d'adaptation. Maintenant, il faut se rendre compte que la réalisation d'un livre avec des images, cela coûte très cher à l'éditeur. Pour un seul auteur, on trouve toujours des solutions, mais dès lors que l'on réalise un ouvrage collectif, cela devient, en droits photo, simplement, ingérable. Et il faut renoncer pour certains éditeurs, du fait de cette complexité financière. Aujourd'hui, une grande partie des oeuvres qui sortent sont prépayées, et c'est nécessaire, pour que continue l'économie. » 

 

Du côté des expérimentations numériques, Actes Sud serait en train mettre en place des projets. La numérisation d'ouvrages a commencé, doucement, mais la création d'oeuvres spécifiques ouvrira un nouveau marché, « mais il y a deux ans de chantier ». Un petit retard a été pris, pour des questions de formats : application pour appareil dédié, ou EPUB3 - qui n'était pas encore disponible, tout cela devrait être plus simplifié ces prochains temps.




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