Liz Hascoët, l'illustration en quête de sens

Auteur invité - 08.08.2018

Reportage - Liz Hascoët illustrateur - l'illustration quête sens


PORTRAIT – Après un détour par le tissu, Liz Hascoët a choisi de se consacrer au dessin et à l’illustration. Un univers qui lui permet de se pencher sur de multiples sujets et d’étancher sa soif de connaissance.

 


 

Tout est dessin dans la vie de Liz Hascoët. Même si c’est seulement depuis cinq ans que la jeune artiste s’y consacre pleinement, après des études et une première expérience professionnelle dans l’univers du textile. Le déclic, elle l’a eu grâce à sa première exposition, organisée en 2013 à la galerie La Corne au fer, à Confort-Meilars, à la pointe du Finistère. « On m’y a encouragée à poursuivre le dessin, raconte Liz Hascoët. Et c’est là que j’ai pris conscience que c’est vraiment ce que je voulais faire. » 
 

Une sensibilité acquise toute jeune
 

Une passion qui remonte à l’enfance et notamment à sa rencontre, lorsqu’elle a 10 ans, avec le peintre Fañch Moal, qui l’invite très tôt à dessiner avec lui. « Ensemble, nous avons passé des heures à parler image et graphisme, et acheté du matériel. Grâce à lui j’ai appris à voyager par la peinture », se souvient cette fille d’agriculteurs du Finistère qui partait peu en vacances, mais visitait aussi beaucoup d’expositions grâce à ses parents.

En 2005, à la fin de son lycée, elle travaille même dans son atelier. Pourtant, elle choisit de s’orienter vers le textile et entreprend un BTS design de mode et environnement à Roubaix. « C’est une voie qui m’offrait beaucoup de possibilités, et notamment d’allier le dessin et la matière, à laquelle je suis aussi sensible depuis toute petite », explique la jeune trentenaire. 
 

Autre avantage, le tissu la fait voyager. Après son BTS, elle part un an en Finlande, à l’université de Turku, et expose ses premières créations, d’abord à Stockholm puis dans un grand salon en Allemagne. Elle y vend son premier motif à une entreprise suédoise, Fasad, qui l’édite. Une grande fierté pour cette toute jeune fille de 21 ans, et surtout, une première application concrète de son travail.
 

Welcome to the Highlands


Deux ans plus tard, en 2010, elle s’immerge en Écosse, où elle acquiert un master en innovation textile. « C’est de là que vient la démarche que j’applique aujourd’hui et qui m’a conduite à l’illustration », explique Liz Hascoët. Elle y apprend en effet l’observation du territoire et des gens qui l’habitent, et cherche à comprendre chaque dessin ou motif qu’elle trace, à lui donner une histoire.

« Le sens ou l’identité que porte un motif ou un dessin lui confère toute sa richesse », estime l’artiste, qui, aujourd’hui, à travers ses dessins, cherche à traduire « ce qu’il se passe sur un territoire ou une zone. Un dessin doit apporter quelque chose même si, au départ, cela paraît superflu. » 
 

Dessiner dans un objectif purement illustratif ne m’intéresse pas, mes dessins ont toujours un sens, un but. 


Une orientation que l’on retrouve dans son trait, incisif et franc, direct, et qui résonne avec son caractère. Curieuse, elle se passionne de tout, éprouve le besoin de beaucoup se documenter et de recueillir des informations concrètes avant de dessiner, et aime à échanger avec des scientifiques. En 2017, elle entame ainsi une résidence à l’Observatoire du plancton de Port-Louis, où elle habite désormais. Elle voue aussi une admiration profonde aux explorateurs.
 

Le goût de l'aventure et de la recherche


« Ils réalisent des choses que je n’aurai jamais l’occasion de faire, reconnaît Liz Hascoët. Mais j’apprécie également la dimension scientifique que comporte l’exploration. » C’est d’ailleurs sur Jean-Baptiste Charcot que porte son prochain travail pour l’édition. Pour Nanga, elle illustre le texte écrit sur l’explorateur par Auguste Dupouy, initialement paru en 1938 chez Plon et republié en fin d’année par la maison finistérienne.

Ce sera son deuxième compagnonnage avec l’écrivain, dont elle a déjà illustré, avec des dessins sur les rochers de Penmarc’h, la nouvelle Scrafic, rééditée en 2016 par Nanga. « J’aime beaucoup me confronter à l’univers des auteurs et y apporter, par les dessins, un autre sens, une autre langue. Là encore, je ne fais pas simplement de l’illustratif, mais j’essaye d’évoquer quelque chose autour du texte », expose celle qui reconnaît « ne pas bien maîtriser les mots » et être venue à la lecture grâce, encore une fois, au dessin.

« C’est en m’interrogeant sur la technique que j’ai rencontré la lecture », précise, dans un souffle, Liz Hascoët, qui compte bien désormais mettre le dessin « au cœur de tout » et explorer toutes les solutions, résidence, théâtre, décors, affiches, illustrations de texte, pour pouvoir en vivre pleinement. 
 

Cécile Charonnat 

 

Bibliographie 

Illustration de Charcot, le gentleman des pôles, de Auguste Dupouy, éditions Nanga, 2018. 

Liz Hascoët, monographie, Éditions Nanga, 2018. 

Illustration de Scrafic, de Auguste Dupouy, Éditions Nanga, 2016. 

Photographies pour Demain, de Joseph Conrad, Gwen Catalá Éditeur, 2015. 

L’Arbre m’a dit, collaboration avec le musicien Frédéric Vitiello, autoédition, 2015. 

Illustration des contes Histoires bleu marine, de Daniel Pagés, Éditions Yucca, 2014. 
 

en partenariat avec Livre et lecture en Bretagne




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