Manga Numérique : le Japon mène la danse à l'international

Clément Solym - 27.07.2011

Reportage - manga - numerique - japon


Avec la crise et le besoin de trouver de nouveaux canaux de diffusion, la question de l'édition de manga numérique est au centre des expérimentations des Japonais que cela soit dans leur propre pays ou ailleurs (aux États-Unis avec J Manga notamment).

Il semblerait que les maisons d'édition n'aient pas encore trouvé la (ou plutôt les) bonne(s) formule(s) mais elles proposent déjà pas mal de solutions. Elles entendent aussi faire place nette et se débarrasser du scantrad. Il faut dire que le numérique est un marché déjà bien développé qui tend à devenir de plus en plus important. Et que ce soit au Japon ou ailleurs, il n'est pas question de laisser les scantraducteurs (ou plutôt les sites agrégateurs de scantrads) en prendre une partie.


Deux axes de recherches

Les éditeurs japonais se penchent sur deux problématiques bien différentes. L'édition d'e-manga au Japon et l'édition à l'étranger. Au Japon, il est question de faire co-exister numérique et papier et l'on centre essentiellement la recherche sur la mobilité. L'enjeu à l'étranger est différent : il s'agit plus de permettre aux fans de découvrir le plus grand nombre de titres dans une offre légale. Ce qui aurait pour bienfaits d'affaiblir le scantrad et de générer de nouveaux revenus. Tout porte à croire que le portail J Manga sera un terrain d'expérimentation idéal. Avec la souplesse de formules mises en place par Crunchyroll, les éditeurs auront tout loisir de chercher la solution optimale.

On peut aussi imaginer qu'une fois la bonne formule trouvée, elle soit exportée dans d'autres pays comme la France. Ou encore que le portail J Manga soit décliné en plusieurs versions (française, allemande, italienne, anglaise...) avec le même contenu et les mêmes offres simplement traduites dans diverses langues.


Ces mangaka qui proposent des solutions

D'un autre côté, on trouve aussi des auteurs qui soit s'affranchissent de leur éditeur comme Shuho Sato soit s'associent à lui comme Ken Akamatsu pour proposer des versions numériques gratuites de leurs oeuvres.

Voire même qui purifient les scans illégaux pour en faire des fichiers légaux.

Ces initiatives bien évidemment inadaptées au fonctionnement d'une maison d'édition n'en restent pas moins des alternatives intéressantes pour les lecteurs. À plus forte raison, quand elles ont une vocation internationale (basée sur des traductions bénévoles) comme sur J-Komi.

Quoi qu'il en soit, il est certain que ce sont les Japonais qui mènent la danse et que l'évolution du marché numérique en France sera étroitement liée aux expérimentations nippones. S'il y a bien eu quelques tentatives de manga numérique en France, pour l'heure tout reste à faire. Et à ce niveau, les éditeurs français ont déjà quelques bonnes idées, tout le problème étant d'arriver à un accord avec les maisons d'édition japonaises.

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